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11/03/2012

Suite...

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à Cœur ouvert  (2)

 

La pluie traversait mes yeux

Je ne discernais plus l’ombre du silence

Je parlais sans un mot

De l’aube du sourire

D’une peau à ma peau collée

Aveuglé par mon émoi

J’apprenais à naître à l’autre

Dans l’épaisseur d’un miroir brisé

Funambule sur la tranche du désir

J’abordais la vie à cœur fermé

Dans un copeau de ciel bleu

Je m’irritais de ne pas dominer la terre

Les blessures sont faites pour se rouvrir

Printemps silencieux de nos faiblesses

Je criais à cœur perdu

à l’infamie de nos souffrances

quand même la terre ne vacille d’aucun émoi

Je retrouvais un ami d’enfance

légendes des âges où l’on donnerait son cœur

sans partage

sédiments des matins sans brume

des levers insouciants

où le monde nous appartient

vertige des vestiges de nos croyances

quand nous refaisions le monde

et que le monde nous épargnait

j’avais oublié la cruauté de nos fantasmes

la blessure des draps pliés sur la peau

au matin d’un réveil en sursaut

livide et vulnérable de n’être

que l’image blafarde de l’enfant

qui s’épuise en nous


je ne restais pas insensible au vent

qui décoiffait mes rêves

10:13 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

29/01/2012

Rien ne justifie la peur

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Mon grand-père m’avait arraché à ma mère
Comme on sauve un enfant de la noyade
Comme on arrache une dent avec un fil relié à la porte
Pour un petit fils de boulanger être un « bâtard » n’avait rien d’humiliant
L’idée de cette irréelle unicité ne semblait pas me déranger
Cette solitude fondatrice m’accompagne toujours
Et la lecture de mon acte de naissance reste une énigme
Une vacuité plutôt, l’absence graphique qui inaugure une parole
Ma parole
Tout semblait se jouer entre ces trois protagonistes
Sans accord, sans un mot, tacitement,  juste ce qui lie un père à sa fille engrossée précocement
Une alliance qui m’échappait et leur échappait aussi
Une banale histoire de vie de village que nous avons pourtant quitté très vite
J’ai toujours vénéré cet homme, parole vivante, qui m’a porté une admiration sans bornes
Chaque matin je pense à lui et il a beaucoup contribué à ce que je suis
A ce que je ne suis pas aussi 
Sa présence m’envahit encore aujourd’hui
Je sais pourtant, sans jamais en parler, que la femme qui m’a le plus aimé
Le plus choyé, étreinte des silences à porter, des blessures dont elle ne dira jamais rien
C’est ma grand-mère
Femme de l’ombre, discrète et soumise, moins éloquente
C’est toi qui enlevais mes chaussures quand je revenais le mercredi soir  de la piscine Blomet, juste capable de m’affaler sur mon lit pliant.
C’est toi la laborieuse du petit matin jusqu’au soir très tard qui t’occupais de moi
C’est toi qui m’as donné le nom de mon père pour le trouver puis le perdre
J’avais souvent honte d’être accompagné d’une « vieille femme » de 42 ans à l’école des Renaudes, dans le quartier où tu étais concierge,  rue de Chazelles, dans ce très bel immeuble qui a été si longtemps ma plus belle cour de récréation du monde, entre le parc Monceau et les grands magasins.
Tu es partie ce jour de… (Je ne sais même plus quand c’était) après ma dernière visite et un bon repas très déséquilibré où tu gardais toujours le meilleur pour moi. Tu m’as fait signe de partir quelques minutes, comme par pudeur, pour pouvoir mourir tranquille, rassasiée de ma venue.
Je te savais heureuse. Je savais que tu m’attendrais
Si, je m’en souviens maintenant c’était l’année de mon mariage
Je n’ai lu aucune angoisse sur ton visage lisse comme ta vie. Nous t’avons allongée près du grand père, une évidence. J’ai gardé tous les dessins de l’arrière-grand-père Besnard, ton père et c’est tout.
J’ai vécu des années sans peur…

18:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

28/11/2011

Stances à l'insistance

http://dai.ly/sGgJGa   (Jean VASCA) - croisons nos ombres

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Je serai la trace de l’effraction

Qui pousse en vous

Comme l’épaule du rêve

Bourgeon de l’essentiel

Possible existence insoumise

 Souvenir en exil

Qui fait monter les larmes

Je serai avec insistance

Cette mélopée envahissante

Qui encombre et remplit vos têtes

Mais remplit le désert de la rébellion

Je ne suis rien

Ce petit rien de tendresse

Qui épouse le sourire des hommes

Ce petit rien que je tiens de mon grand père

Et qui vit à travers moi

À travers vous

Qu’un silence nous transmet

Il vient des océans

Porté en fraude de port en port

De marée en marée

Je suis cette île

Partition d’une aile blessée

Qui chante à nos oreilles

La trace immuable de notre appartenance

Trace inaudible

Trace invisible

À qui ne sait pas écouter

Le murmure du silence des mots retrouvés

mémoire inaliénable

porteur d'amour

14:04 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8)

12/12/2010

Filiation

 

les deux soeurs.JPG

 

(Les deux soeurs KLA - G Poupard)

 

Nous sommes de ces rivages sans horizon

De ces levers de soleil en exil

Que les marées caressent inlassablement

En creusant des rides de vie

Sur nos visages en fuite

Nos mains liées ensemble

Pour ne pas se perdre

Comme un pardon que je ne m’explique pas

Creusent la terre

A la recherche de mots oubliés

De paroles perdues

Paysan de l’âme

Je ne ménage pas ma peine

A retrouver ces cryptes de souffrance

Qui libèrent ton regard

Vos voyages incessants m’épuisent

Mais je ne me résous pas

A la surdité

Dans l’écoute du petit matin

Il est des paroles

Qui s’inscrivent dans la chair

Des gouttes de rosée

Pétrifiées par le froid

Un rassemblement de nos forces

Nos poussières de révolte

Déchirent le silence

Les mots d’enfance de ma fille

Font écho de violence

Je suis un enfant maladroit de l’hiver

Balafré par l’émotion du souvenir

J’ai le « cœur qui boîte »

L’écorchure au coin des lèvres

Une blessure d’amour à genoux

Qui réveille sans cesse

La vigilance attentive et bienveillante

De mes yeux penchés

Sur ton cou

En caresse éternelle

Le vitrier s’en est allé

Nous avons mis du carton gaufré

Sur les vitres cassées

De nos désirs

Peut-être apprendrons-nous

Un jour

A voir au-delà du visible

A reconnaître notre simple humanité

Un instant de bonheur

(« Comme le petit jésus en chaussons de velours

Qui coule dans ta gorge »)

Autour d’une table

Ne rien se dire

Mais être bien

Ensemble

 

18:23 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

27/06/2010

Voile

13.jpg

Je veux me souvenir

De ce que je ne suis pas

De cette absence de mots

Pour se dire

De ce silence sans faille

Où se construit le manque

De ce rien de moi-même

Qui va me constituer

Je veux me souvenir

De l’échancrure du silence

De l’entrejambe du bonheur

Des désirs à peine audibles

Des gorgées de sourire

Que la mer a repris

Je veux me souvenir

Des blessures imprévues

Injuste prégnance

Des mots d’avant

De ceux du monde

De l’autre côté

Celui que nous ne retrouvons jamais

Même dans l’inconstance

De nos rêves d’enfant

Ce pays noyé de souvenirs

Qui nous échappent

A tout jamais

Je veux reconstruire

Sur des sables mouvants

L’un-certitude du s’avoir

Avaler l’océan

Et faire des bulles de savon

Colorier sans dépasser

Tendre la main à l’absurde

Me coucher sur les pierres

Regarder les étoiles

Celles que j’invente chaque soir

Pour que la nuit improbable

Rassemble ceux qui s’aiment

Je veux ôter ce doigt

Qui m’empêche de parler

Parce qu’il n’y a rien à dire

Et tellement à se dire

Dans le chambranle de la porte

Je m’accroche

A tous ces traits de crayon

Usés par le temps

Qui racontent nos vies

Mieux que personne.

 

 

(Cristallisation avortée de quartz  Amérique du Sud)

07:17 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

15/05/2010

Dits d'Il

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Une voix dans la nuit

Une voix qui vous saisit

A deux doigts de raccrocher

Un timbre de voix connu reconnu

Le noir d’une lumière

Ravivée par quelques mots

La dérive qui vous emporte

Un ancien patient

Qui se soucie de  moi

Qui s’inquiète de moi

Alors qu’il connaît

Certainement mieux l’enfer que moi

Un lien qui dépasse le travail

Cette intonation dans la voix

Avec ou sans alcool

Qui touche directement mon cœur

Directement ma chair

Il me tend la main

Moi qui suis un handicapé du don

Je vacille

Merci Frédéric

De t’avoir rencontré

Un jour terrible

Qui ne t’appartient plus

Un jour d’émotion nue

Un jour d’hommes

11:03 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

24/04/2010

Le sommet du gouffre

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(Poème-tract d'ernest pignon ernest dans tant de soleil dans le sang d'A Velter)

De l’obscurité du soleil

J’ai tiré le champ aveugle

De la vérité

Les leçons cent fois remises

A l ‘ouvrage

Obsession figée

D’une humanité sans rides

Qui impose le manque

Comme la seule perception

Tactile du réel

Evanescence des plis de ma mémoire

Des pensées froissés

Par l ‘indignation

J’écris tes aléas

Partie congrue du désir

Fils tendus de mon inertie

Comme on lève son verre

A la révolte

Je me révèle

Dans l’absence du regard

L’ incompréhension des pierres du rêve

L’appréhension d’un toucher de peau

L’éclat soudain lumineux

De la tristesse

Ma chair n’en finit pas

De troubler mon sommeil

D’ondes vives

Séparant les persiennes

Il est tard

Et pourtant

Je sens poindre le jour

Je sens les mots m’envahir

De ce qu’ils ne peuvent dire

 

18:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

Filiation

Mon fils m'a envoyé cette vidéo

je l'avais déjà vue

mais l'adresse qui se reconstruit

m'émeut autant

que le contenu qu'il m'adresse

Il est des petits gestes

de ces gestes qu'on mesure avec les doigts

ou avec le coeur

"je t'aime comme ça"

en montrant l'index et le pouce

croisant le regard

preuve insignifiante

du réel

de l'amour

14:47 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

04/04/2010

Par delà les nuages

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« Il y eut les landes sauvages, et puis il y eut le rivage, et puis il y eut l'océan. Partir toujours et n'arriver jamais. On quitte les lieux, on quitte les autres, après, on se quitte soi-même. On ne se remet jamais de tous ces départs, de tous ces abandons. On vit dans un temps écrasé. »

Franck

 

C’est vrai

On ne se remet jamais

De tous ces départs

 

On recristallise

Les contours du cœur

Ecorchure après écorchure

Nous avons la patience des pierres

A nous déliter

Avec délicatesse

Avec pudeur

En silence

 

Ce tremblement de rosée

Nous émeut encore

Tout est muet

Dans le sillage des mots

 

Il n’y a que le blanc

Qui efface le bleu

Un rêve incertain

Crevasse nos réveils

Qui efface le poids du vent

 

L’humidité a le pouvoir des herbes folles

Un vallon me poursuit

Assèche ma paupière

Il est temps

De tant de temps

 

Les larmes de tes mots

Risée inattendue

Tendue de lumière

Partage le rêve

 

Nuages

Destination de l’improbable

Où l’émotion

S’écrit

Comme une pluie de fleurs

11:03 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

03/04/2010

Imposture

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« Quand le gouvernement viole les droits du peuple

l’insurrection est pour le peuple, et pour chaque

portion du peuple, le plus sacré et le plus indispensable

des devoirs » article XXXV des Droits de l’Homme

 

Lalangue trace indélébile

De notre aliénation

De la dérive insurmontable

Du désir

J’ai les mains

Ancrées dans le Réel

 

Une ligne bleu partage le silence

Un cri  ombre décalée des marées

Lien invisible éphémère qui

Soutient notre regard

 

« L’autisme n’est pas une maladie psychique »

Ministre de la Santé

 

C’est décidé, demain je fais le budget de l’état

Et je vais à l’école du cirque

Apprendre le dressage

Quelle imposture

 

Leautisme

Lumière éteinte

souterraine

De l’avènement impossible du discours

Généalogie terrifiante et inattendue de chacun de nous

Espace de liberté

Nié et renié

Interminablement

 

Quand comprendrez-vous

Que votre choix

N’est pas le notre

Violer encore le silence

Qui nous protège

Prenez définitivement notre parole

Qui n’en finira pas de vous manquer

Notre parole oubliée

Qui vit

Comme une herbe dans le cœur

Loin de votre arrogance

 

Qui sont ces gens

Qui prétendent comprendre

L’incompréhensible

16:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

14/03/2010

"La matinée se lève"

"La matinée se lève"

elle ne sera jamais plus la même

j'avais fait une note en 2008 ici

je me souviens d'un de tes derniers concerts à Tours

en 1972-73 que j'ai raté

j'y pense encore

quelque chose meurt un peu en moi

avec toi Ferrat

c'est tout

 http://www.deezer.com/listen-2554401

12:22 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

13/03/2010

Aperçu

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L’astéroïde caressa le ciel

 

Le temps d’un détail

D’une respiration

Un souffle imperceptible

fulgurant

égratigna ma mémoire

 

Je n’avais pas de père

 

Un coquetier ébréché

Du père du père

Fossile inconstant

De mes souvenirs

 

Quoi d’autre

 

Coquelicot ébréché

 

Le suicide d’un enfant

Ça n’existe pas

Même au 6 ème étage

du 32 de la rue de Chazelle

 

Vue sur cour

 

Comment panser

Le silence

 

Penser cette absence

Sans mot ni larme

La perte

 

Le mi-racle des étoiles

Cicatrise le ciel

Arrondit mes yeux d’enfant

Endette mon sourire

 

J’ai marché à 8 mois

 

Courir après l’irrattrapable

Toujours plus loin

Parfois trop loin

Jamais assez loin

 

écouter

 

Apprendre à écouter

Des heures et des hommes

Des jours et des nuits

 

Avaler les mots père-dû

Avec boulimie éperdue

 

Rencontre

Soirées flipper

Au bar du centre à Pithiviers

Soirées fripantes pour un fils de pauvre

Riche des folies percutantes d’un prof

Volé à Nice entre deux rames

De carton gaufré

 

Raccommoder des lambeaux de vie

Comme on beurre des tartines

 

Ne pas laisser l’espace béant s’imposer

Reconstruire une mémoire

 

1992 Tel Aviv, Jerusalem, Eilat

aux bords de la piscine de l’hôtel Sinaï

mêlé à tous ces analystes Parisiens

mes mollets font la différence

mon appétit aussi

magique

 

je t’ai souvent raconté

Grand père

Comme toi l’Océan

 

Comme toi l’île

 

Inévitable

Pour se poser comme un géant

Y puiser son humanité

Scruter l’invisible

 

Te donner la main

 

Et pouvoir se perdre

Dans les sanglots de la terre

Pour mieux tenir debout

 

Le silence aussi sort de la bouche

Des enfants

 

Le scialytique aveuglant

Qui soude les mots à venir

Mon cœur dans tes mains

Le temps d’une vie

 

Et vieillir souverainement

Sans peur

Mais

Vieillir vraiment

09:37 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

28/02/2010

Voyage Voyage

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(ADAMI)

Je m’amnésie

Imprévisiblement

                Un père visible ment

Le Réel touche les érosions

Sensibles de l’Imaginaire

Je m’accroche à mes rêves

Qui se confondent

A la palpation clinique

Du réveil

A l’évitement pulsatile

Du firmament

La pensée de l’Homme

Me confond

En incompréhension

Et en colère

Rien n’a d’égal

Que le changement de lit des rivières

La disparition inopinée

Du regard

 

L’obscurantisme des croyances

Ne permet

Que de masquer

La Loi du père

Générée par

Notre profonde dépendance

Nourricière    

 

petitd’homme

     Nous le resterons

 

Nous nous mesurons

A des cibles illusoires

Où notre liberté émousse

Notre propre réalité

Nous y perdons notre identité

En croyant la conquérir

 

Nous ne sommes que les scories

Du grand fleuve

Qui nous mène à la mer

incertaine

10:58 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

24/02/2010

L'encre de mes yeux

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(photo JLG)

Cicatrice improbable   cicatrice

Maintes fois évitée

Mes yeux font silence

Mon sourire même ne trahit rien

Il n’y a ni tristesse  ni tristesse

 

                       Juste l’ennui vénéré

                       Des étendues à inventer

                       Des profondeurs sans limite

                       Des varices de la terre

                       Des hémorragies insolites

                       Du désir à venir

 

            Page blanche écrite au burin de vos yeux

 

Naître d’une blessure invisible

Tannée par le temps

Geste répété offensif

Plus insignifiant qu’une ride

Déposée avec douceur

Comme un vent chaud d’hiver

Déplaçant les continents

 

                       Simplicité de vos gestes attendus

                       Ratures signifiantes de tendresse

 

               Je me sens revivre de vos maladresses

               De votre jeunesse

               De votre force

               Je vous rencontre

                                           Enfin

                                           Chacun de vous

 

                           Mon fils, ma fille

 

Précipitation inattendue

Des résurgences cicatricielles

Des berges de mon cœur

vous êtes ma chair

les enfants d’un désir im-parfait

que vous sublimez

vous êtes la voix

claire et limpide

qui m’arrache

des frémissements de larmes

de bonheur

vous êtes l’encre de mes yeux

18:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

07/02/2010

Immuable

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(Photo JLG)

C’est comme un matin

Aveuglé de silence

Rien ne bouge

Rien ne frémit

Pas même mes lèvres

Crevassées et gercées

Par l’absence

 

Je t’écris un sourire

Dessiné par la peur

Cousu des cicatrices

Alignés de la vie

Rien ne bouge

Rien ne frémit

 

Douleur inutile

Raturée  de vos faiblesses

Malveillantes

Cesser de chercher

Reconnaissance

Rien ne bouge

rien ne frémit

 

Solitaire et nu

Mon regard me trahit

Comme il vous trahit

Je ne suis qu’un cri

Désarticulé né des

Faveurs de l’océan

Rien ne bouge

 Rien ne frémit

 

Je m’exhibe insolent

Pour mieux cacher

La peine qui m’étrangle

Celle d’un matin inutile

Main dans la main

à espérer le monde

Rien ne bouge

Rien ne frémit

 

Je m’inconscience

A soulever les vagues

Je m’impuissance

A me révéler

Humain

 

Rien ne bouge

Rien ne frémit

                       

 

11:03 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1)

02/02/2010

Il y a des jours

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(Photo JLG)

Ombre de Fête

Ancrée dans les sinuosités

De mes réveils d’enfant

Quand c’est dimanche

Et que l’on n’a pas école

Ride d’un bonheur fugitif

Lisse et doux comme une caresse

Lorsqu’on réalise

La collusion du réel

Celle là même que l’on n’imaginait plus

Comme un second réveil

Un réveil d’exception

Où tout pourrait être différent

Où le monde se construit

Sur des falaises inventées

Plus vraies que vrai

Où les séismes ne sont

Que les bougonnements de nos cœurs

Une phrase d’un grand auteur

Apprise pour sa dernière dissertation

Un refuge solitaire

Où s’infiltre le soleil

Ce n’est que l’ombre de la terre

Et pourtant si fragile

Il y a des jours

Comme ça

Où même le dimanche

On va à l’école

Persuadé

Que tout peut changer

 

08:21 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1)

16/01/2010

Bernard PAHIN

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Je ne vous reparlerai plus

De Bernard PAHIN

De cet artiste atypique

Comme on dit…

Je vous parlerai de l’homme

Qui comme chaque année

Avec méticulosité

attention

M’adresse ses vœux

A travers un travail

Cousu d’encre et de lumière

Cousu de tendresse et de générosité

Je vous parle de cet homme

Qui accumule des morceaux de vies

Des parcelles de souvenirs

Et sait même tisser

Des relations fraternelles

Avec un talent

Qu’on n’apprend pas dans les livres

Tout au plus

Autour d’une table

Ou au détour d’une rue

où il expose parfois

comme on attend

le rendez vous

avec l’imprévisible

18:12 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

15/01/2010

Yannick et Blaise

Je pense à toi Yannick St Louis

Et à tes frères d’Haïti

A Blaise du Lorrain

Et à ses peurs des coups de feu

Je pense à tout cet arc Caraïbe

Soumis aux spasmes de la terre

Ici je vous écris dans la neige

Avec des flocons dérisoires

De pureté 

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(Ben)

je rassemble toutes les forces

humaines et inhumaines

pour caresser mon impuissance

et donner à ceux qui peuvent

ouvrir votre sourire

dans ce chaos indescriptible

juste une once de passion

des larmes déjà asséchées

des mots

dont l’écho me revient

en plainte lancinantes

belles comme la force

que vous déployez

à vous battre

avec les mains

de vos corps

les mêmes mains

que tu me tendais

quand je t’ai rencontrée

18:17 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

02/01/2010

Palabres

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J’entends encore

Mes éclats de pleures

A regarder cet étranger

Si étrange

Qui n’était que moi même

Et qui pourtant me paraissait

Si différent

Revenant d’un voyage

Que je n’avais choisi

Dans aucune brochure

Et qui m’a emmené

Plus loin que tous

mes rêves ensevelis

dans un fugace moment de réflexion

le temps s’était arrêté

pour me laisser

me reconnaître

ré habiter le monde

des humains

que j’ai toujours tant de mal

à comprendre

et surtout à aimer

(il doit s’agir de moi)

plus de deux ans déjà

et ce matin je me suis croisé

dans ton regard

ami

qu’on t’a enlevé

dans une douleur

dont l’écho

a réveillé les larmes

de mon cœur

fait palpiter mes yeux

les lames de l’oubli

et nous avons parlé

longtemps

parlé de cette douleur

inhumaine

et sereine

qui l’espace

d’un instant nous rappelle

à la horde

à l’instinct

sauvage et unifiant

presque semblable

aux embrassades

des vœux de nouvel an

que je partage ce jour

avec tous ceux

qui ont fait ce voyage

d’une façon ou d’une autre

et qui gardent la trace indélébile

de leur reconstruction

 

18:57 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

24/12/2009

J'ai peur

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(photo Claude Levi Strauss)

Ombre de Fête

Ancrée dans les sinuosités

Tactiles des rides de nos souvenirs

De jeunesse

Je reste un trait d’union

Un point de suspension

Entre le rêve qui t’agite

Et la métamorphose du désir

Qui épaissit nos voix

A les rendre charnues

(j’allais dire charnelles)

Je suis de ce pays

Qui transporte les voix

Transporte les émotions

Dans les futaies humides

Des matins brumeux

De ce pays qui dissipe

Tous les malentendus

Et laisse nos corps aphasiques

Jargonner l’indicible

Alliance illégitime

Avec la terre qui nous porte

Nous supporte

Et nous emporte

Je suis de ces ombres

Qui te révèlent au monde

L’espace d’une parenthèse

Dans un temps qui se dilate…

Je suis enfermé

Dans les jardins gelés

Du parc Monceau

Ma mère n’est pourtant pas loin

J’ai peur

17:17 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)