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02/05/2021

Sans retour

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Déchirer le silence

Et s’abandonner au réveil de la langue                              la transpiration du cri

Ne plus se soustraire à la lecture des corps                               lésion imprévisible du sommeil

Prendre à la lettre l’écriture des caresses                         les rimes du temps traversent les océans

Et pouvoir dire comme l'enfant :

                                        ...perdues mes dents de "laine"                  rafale épuisée de silice

et rêver comme on pleure:

                                          Ma mère ne m'abandonnera pas...

J’ai pourtant rêvé les "câlines" de vampire                          les crocs du langage

Apprendre à tout parler

Dérouler l’ourlet cicatrisé de ton oreille

Pour que quelques mots agencent             matrice             le réveil de l'oubli

Insensible et présent

comme longue attente

Articuler l'aurore de nos nuits                     une herbe dans le cœur

L'île est longue et impénétrable            bagne du sourire       tes gestes multiplient le rêve

Pluie de caramboles sous nos pieds renversés                            racine incertaine

D’une terre noire souterraine                                         résilier le bail de l’offensive du savoir.

De ses mains naît le sourire

De ses yeux la langueur des plaintes

Il est illusoire de croire au blasphème. Rien ne se répand plus que le désarroi des hommes. Il y a des cœurs exilés au-delà des mers. Juste retour des indignés.

De sa bouche jaillit le cri

De ses mains s’ouvre l’attente

Le soleil ne croit plus au réveil de l'âme

 

 

 

30/04/2021

Corps

 

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(Affiche imprimée à Grenoble après la confection de la fresque de la bouse du travail vers 74-76  pendant mes études et la réalisation d'une litho sur le bruit au travail.)   

Petit retour en arrière, février 2020. De chez moi jusqu'en Avignon, dernière exposition fréquentée sur les traits de crayon et les pas de Ernest Pignon Ernest.  Envie aussi de faire partager une ancienne expo de 2006 à Serres avec Guillaume Poupard.

http://www.francopolis.net/creaphonie/PoupardGastecelle-o...

 

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29/04/2021

Envol

 

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Dans le haut vol qui m'emmenait vers une autre parole, la distorsion de la pensée a fait son œuvre et laissé les scories parlantes  du manque du mot

juste équilibre pour expérimenter cette différence vivante du reste.

 

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21:49 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

Poivre aux yeux

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Je suis un graffiti  en transhumance

Une éclisse plantée dans la chair

Je sors sans âme ni sourire

Humain in-humain

Ou l’inverse

Je me chausse de vos parcours tourmentés

Au « poivre bleu » de vos yeux

Vous êtes parfois la caresse

Qui me fait exister

vibrer

Et me souvenir du bonheur

Irisé de mon amnésie volontaire

Des vapeurs de cendres froides sur la pierre

un éclat de silex au bord de la paupière

Je m’humanise en  me désocialisant

Je suis une pierre dans vos chaussures

Un charançon dans votre pitance

Je ne rêve que de votre volatile insolence

Une révolte qui nous régénère

Je voudrais être votre cri

S’insurgeant contre l’illicite

Pouvoir des hommes

 

 

16:33 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

Briser

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(Photo JLG Afrique 82-83)

 

J’ai assoiffé les rivages de ton cœur     ardoise de mes insomnies                                                    

Et ouvert les grands cils de la nuit

Pour sentir vibrer l’insondable

J’ai décousu l’aube de tes lèvres            perle       de pluie

Pour crier que nous sommes vivants

Longeant les murs blancs infinis                                  infiniment blanc

Des regards saisissants qui ne se croisent

Pas par hasard

Profitons de l’injustice du bonheur                        graphe insensible

Pour ne pas éviter ni se plaindre

Laissons la nuit

Nous apprendre

Que le rêve

Est notre seule vérité                       lésion imprécise de la lune

Laissons le silence

Nous révéler quelque chose de la grâce

Dans son écrin muet

Je t’entends prendre soin de moi

 

 

Dans ton silence

Je t’entends m’écouter

02/02/2020

Apparence

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(photo JLG)

 

Ne rien dire

ne rien montrer

que l'apparente

transparence

de l'ombre

du

Réel

02/04/2019

Ce n'était pas un Bon Jour pour mourrir.

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 (Photos JLG désert Algérien 1982)

 

 Trace aveugle

Trace absente de ton départ

              qui déplie sur ma peau le sillon invisible

              de tes pleurs

              de tes peurs

                            Absence ardente consumée aux lèvres

                                      exsangues de souvenirs transparents

L'air est un parent qui ne se dément pas

palpable comme tes mains noueuses

accrochées à mon flanc

              Trace invisible de ton absence

              Trace illisible de ma présence

Tu laisses ton enfant, comme on se défait de son adolescence

Avec douleur

avec ce rire qui n'appartient qu'à toi

                                      Rire ciselé dans la chair abandonnée

                                      de tes vingt ans

Mémoire factice

Mémoire d'un matin sans réveil

                                Plage de rêves inachevés

                                Chevêtres incompris de ma démence

bouts de ficelle

timbres arrachés d'une lettre

quelques punaises rouillées

un coquillage usé

une pierre

un confiturier trop multicolore

devant de lettre de Fougères de 1952

Une odeur d'enfance toute en présence

quelques punaises dorées

une photo en barboteuse devant le Casino des Sables...

 

                          ...Toutes les choses essentielles de nos vies

                             Tous ces détails insignifiants qui prennent sens

                  Tout et Rien à la fois

                   Le mirage étoilé de nos vies

                    Nos vies, ta vie maman...

 

 

 

04/10/2018

Brouillon

 

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(photo jlg "Pic de BURE" rêve d'Indien)

 

Un si petit espoir de rire

A l’ourlet de mon cœur

J’ai usé tous les mots de ma bouche

Comme les pétales arrachés

aux pierres rugueuses

de mes  souvenirs

un si petit espoir d’écrire

frotté mes mots

aux sables métisses des rivières

Tutoyé les berges toujours vierges

De l’aphonie

Un si grand espoir d’aimer

Pour caresser entièrement

L’incomplétude qui m’habite

Réaliser enfin la trace infime de l’escargot

Bien plus éternelle que mon cri exophtalmique

Épuisé et poussif

Rencontré le désert d’un petit Prince

Où aucune Rose ne prend racine

Où le sable se dérobe sous les doigts

Comme des rêves d’enfants

Un si grand espoir de vivre

Qui ne tient qu’à un fil

Un rêve de vieillard

Qu’il ne fera plus

Acculé aux yeux de sa jeunesse

Un si grand désespoir de rire

Ne tenir qu’à un fil

Ne tenir qu’à un mot

Accroupi au visage sans fard des souvenirs

Un si grand désespoir d’oublier

Les cicatrices du sourire, celles du plaisir

et les quelques "Toi ma vie" qui résistent en moi

comme des tumeurs vivantes.

14/06/2018

L'Aube est Lisse

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L'aube est lisse sur le flanc de l'océan

Le soleil plante ses ongles délicats

J'ai oublié l'écriture illisible de mes nuits transparentes

(sans insomnie-sans sommeil)

la caresse dévoilée des sommeils sans lumière

j'ai le bonheur de tes mots donnés sédimentés dans les rides de ma mémoire

j'ai, sans incertitude, les larmes sucrées et longues

de la rondeur des femmes

de l'arrogance des hommes

j'ai ta bonté que tu as déposé comme un buvard sur des vers de Prévert

la vibrante présence du frisson tiède

de tes cheveux entre mes doigts

ces odeurs tropicales, ces odeurs de bagne aussi

que tu m'a légués comme un alizé interminable échoué sur ma peau

un mouvement de poignet lent et affectueux

une tape sur l'épaule

un regard pénétrant

Je ne me lasse pas de regarder la nuit

le monde comme un reflet inexact de l'égoïsme

je ne me lasse pas de regarder la mer

là où j'ai perdu tout espoir de caresse

Oppressé, serré par les eaux nourricières

matrice inféconde de mes nuits

je te regarde avec apaisement

que le monde est joli

sans tout ce fracas

cette beauté verte et bleu

bleu et verte

qui fait qu'on pose un doigt sur un autre dans un mouvement elliptique

presque méditatif

Comme quand on mange des cerises qu'on sait véreuses en fermant les yeux

Comme pour oublier    effacer

il ne suffit pas de fermer les yeux

tu le sais

je le sais

et pourtant je le fais

Ne pas fermer les yeux

signerait déjà la fin de notre passage

la clairvoyance d'un été sans soleil

d'une rose sans épines

Les liserons ont envahi ma cabane de jeux

cette survivance

n'est pas côté en bourse et n'est pas productive

mais elle a dans mes yeux qui se plissent

la saveur désuète

du temps de ma jeunesse

nous faisons tout vieillir trop vite, trop trop vite

trop entassées de choses inutiles mais aussi indispensables

trop cru à la valeur humaine

humanisme quelle tromperie…surtout ne pas sombrer dans ce discours pessimiste inévitable, salutaire mais destructeur

au fond de moi, l’autre est un con que j’ai toujours respecté, pétri d’injustice, j’ai cru longtemps en lui….encore maintenant sûrement malgré sa petitesse…son insignifiante signifiance

Même les enfants à l'école le savent déjà

la cour de récréation

c'est la cour des embûches

Heureusement

il y a la pluie sur nous

qui tombe en bourrasque

et nous fait mesurer

la grandeur de l'arrogance

L’insignifiance de l'homme

Rature en bas de page

qui laisse trace volatile

pas même écrite.

10/01/2018

Rien ne soupire

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Posée la main rose, dans les terres brunes, noires

écrasé le coeur des mensonges passagers

le rire enterré sous la rosée

finis les silences qui ne révèlent que de l' impuissance

aride la solitude, le vide, le manque qui manque

la terre semble vivre, dire

je ne vous aime pas

je l'entends sans tendre l'oreille

le bruit est singulier

sa respiration inaudible

il ne reste que les cocotes en papier

qui ont du sens.

 

 

14:28 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

10/12/2017

Vivre

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(Photo JLG)

 

Commencer un livre...

(ce qui n'est pas le lire)

commencer un livre donc

c'est comme s'asseoir un 17 septembre 1959

sur la plage de Dieppe

et écouter rouler les galets

trembler le ressac des entre chocs minéraux

contre son coeur

et aimer la Normandie

faute d'aimer l'amant de sa mère.

commencer un livre...

c'est comme s'asseoir au 7éme étage d'un immeuble

côté cour

au 32 rue de Chazelle 17 éme arrondissement

à se demander la suite

douce ou obscure

à donner à sa chute probable…

et détester les « riches »

les odeurs d'encaustique envoûtent

les enfants tristes de concierge

Peut-on terminer un livre

pas à l'écrire

pas à le lire

mais le terminer vraiment

comme on termine

une tranche de vie

une tranche de pain rassit

une tartine de vie.

Jamais pu aller jusqu'au bout

toujours effrayé

par ce volume de mots

ce frémissement inconditionnel de savoir, à voir

et pourtant je les aime, ces livres.

la poésie m'a aimée

m'a aguiché, séduit

amante volage qui convenait bien

au peu d'envie de lire

qui caressait mon esprit

le théâtre a été aussi longtemps en compétition

pour les mêmes raisons

j'arrivais parfois à refermer le livre

et à croire ainsi

avoir vaincu l'auteur

je suis allé jusqu'au bout

et puis la poésie on la prend par tous les bouts

on la picore

on la dévore

on la regarde

on la touche

on l'embrasse

en pointillé on se l'accapare

elle fait de même

au bout du compte

elle ne s'est pas laissée lire sans résister

A-t-elle imaginé

une fin suicidaire

ou simplement

la griffure du petit matin

qui tarde à venir

ou

vivre autrement

 

 

 

 

12:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

06/11/2017

autre Je

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(Photo JLG)

 

C'est dans le brouhaha

que j'entends le mieux

le silence des coeurs

dans le sillon effacé du vent

que je vois le mieux

notre nécessaire incomplétude

et les rides du sommeil

éteintes

célébrer les pierres lisses

invisibles du rêve

c'est dans le rien que je devine le plus

 

justetediretelirecommejetaimemamanunenfantsansailessansciel

 

J'ai tellement aimé

l'innommable poussière

qui illumine ton regard

les coulées de sable de tes paupières

surtout tes mains

comme un cerf volant

qui contiendrait le ciel tout

entier

l'heure du croassement et de l'envol

suppose la bleuté de la nuit

l'éloignement des fougères

dans le morne

la fuite de l'amour est imminente

 

JerepenseàmesrédactionsdepremièreavectoiRMetletravailquetuasdûfaire

pourmedéniaiserunpeu

 

Je rêve d'ineffaçables souvenirs

qui contredisent le jour

et interrogent la nuit

une envolée de Grand Duc

le soir quand le tumulte

s'enlise dans les sables roux liquides de la nuit

Le croisement d'un regard

qu'aucun séisme ne bouleverse

je rêve d'un jour ordinaire

où l'amour ne saurait s'écrire

où les mots seraient soudain caduques

lisses et blanc

comme dans mon cahier d'écolier

 

Ecriredanslecimentdesmurspourconsolidermoncriaphoneetinaudible

 

Habiter ta présence

cet abîme dyslexique qu'il nous faut inventer

falaise inexplorée de nos chagrins

rebâtir l'insaisissable

de nos mains noueuses

voir ce qui ne peut être vu

Ecrire ce qui ne sera jamais lu

enfin

édifier le silence du manque

ne jamais renoncer à l'inacceptable

qui nous mutile et nous dévoile

frêle, humble,

la peur au front

muré dans le mutisme

 

J'auraisaimésavoirécrirequécrireestlanégationdecequipourraitsécrire

 

 

si j'écris tout petit, pattes de mouches

peut-être

comprendras-tu qu'un abîme tout entier m'est nécessaire pour ne rien dire. (idem pour le ciel).

 

La pierre lisse des rêves

s'écrit

à l'envolée du sommeil

là où les peaux

se déploient.

14:58 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

25/09/2017

D'amour

 

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comment ne pas t'écrire
que rien te dire
épouse le silence
de ce que je n'ai pas à dire
et qui oserait ne pas te dire
que ton silence 
en dit long
du silence des mots
ou de tout ce que tu dis
et qui n'est pas à dire
ou alors encore
de tout ce que je n'ose pas te dire
que je te dis par un silence
qui ne dit rien
Dans tout ce qui est dit là
il n'y a que l'écriture
qui, je l'ai dit,
ne dit rien
mais reste une trace
une empreinte
de toi 
puisque moi
je ne dis rien
et reste
silence
écrit

18:04 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

23/09/2017

Mi-Rage

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Encerclé de solitude

mais pas de silence

mon corps a généré

cette cruauté aveugle

qui déracine les cocotiers

Pourtant rien d'inquiétant aux infos

le soleil se moque de nous

et dans ses rires sournois, je devine

le mirage, je devine mon île

encerclé de solitude

les grenouilles se taisent

la parole est suspendue

comme une mangue

qui se déchire

le bruit des tambours bèlè

rythme la tension des corps

J'ai dans mon coeur visionnaire

l'oeil du cyclone

qui n'y voit plus rien

encerclé de solitude

je perds la tête

comme on perd son âme de fée

mes cicatrices palissent

se mêlant à celles de la terre

calcaire poreux

de nos corps à corps

disproportionnés

et pourtant amoureux

les corps volent, les coeurs volent

les tôles des habitations aussi

seule la peur ne vole pas

arcboutée comme un corps sans voix

sans muscles, sans os, seul

encerclé de solitude

le rire d'une femme ronde

aux accents de vanille

bouscule mon sommeil

je ne sais plus ce qui est vrai

pourtant

dans son sourire

se cache

la vérité

nue

 

 

 

17:03 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

23/08/2017

Nathanaël

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tu te souviendras de l'odeur de ta mère

des notes florales de garrigue, volatiles et sucrées

parfois animales et sauvages

tu te souviendras

de ces corps à corps incertains

où la peau se mêle aux transpirations intimes

tu te souviendras

de ses cheveux noirs bouclés sur tes joues

comme autant de caresses effacées

tu te souviendras

des temps

où elle t'enveloppait

à te faire croire

qu'elle était tout pour toi

tout toi

tu te souviendras

cette fugace sensation où

tout ressemblait

au sourire de ta mère

De tes neuf mois

tu te souviendras la colère

enfouie

d'une cruelle cassure dans l'oubli.

D'un souvenir qui s'est brisé, fissuré

dans le Réel de la vie

Tu ne sauras pas dessiner son visage

que tu auras oublié

et qui pourtant t'accompagnera.

Tu ne te souviendras plus d'elle...

morte le jour de la saint Amour

accrochée à celui qu'elle te portait

et pourtant il te transporte

comme une main qui te dresse

un souffle dans ton cou

elle respire dans ton sourire

s'apaise dans tes mots.

Tu ne te souviendras plus d'elle

dans le monde des grands

mais dans celui des bébés

elle ne te quittera pas

même si tu ne savais pas encore

l'appeler « maman »

elle est ta mère

 

 

 

Ton grand-père le 9 août 2017

12/05/2017

Humeur

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photo-texte JLG

 

Au matin lisse de mes insomnies

j'ai besoin de mes jours pour réparer mes nuits

même si je croise

je devine

en mémoire

toutes les douleurs du bonheur

ces moments au-delà des heures

dans la turgescence anévrismale

de tous les possibles

de toutes mes déchirures

de toutes mes écritures

résonnent en aurores boréales

le temps d'un souffle

de mort

la mort ne fait pas de cadeau

même si c'est dire à peu de frais

comme

il est difficile de vivre

je fais un burn out des larmes en tension

de ces quarante ans d'appels au secours

qui ont puisé, épuisé

ravivé

je ne sais plus mon reste d'humanité

d'animalité

J'ai le coeur ridé

des vociférations silencieuses de ma cruauté

Se bonifier reste un impossible végétal

où je ne me reconnais plus

je te tends la main

comme on tend un flambeau

qui en nous quittant

éteint la braise insoumise

des souvenirs

morsure répétée

de l'inutile utilité

du soir

 

 

14:41 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

26/12/2016

MEMOIRE

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(photo gastecelle)

 

 

En silence

comme on entre en religion

j'ai gravé

sur les pierres

bleus et lisses

du labeur

les souvenirs

que notre mémoire

nous défend

de découvrir

j'ai gravé dans les rêves

ces moments

primitifs

qui échappent

à l'entendement

j'ai excité

les vents

pour chasser

banalité et morosité

j'ai ouvert mon cœur

à ce qui ne peut pas

l'être.

 

 

 

11/11/2016

Léonard COHEN

à ma fille.  873280

23/09/2016

Antelope

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(photo CP)

 

J'ai souvent dialogué avec la terre

jamais

je ne m'y suis baigné à m'y noyer

jamais

ressenti

cette intimité

cette proximité

cette sensualité cette appartenance terrestre

presque incestueuse

 

Il y a les couleurs

mordues par le vent du temps

par des formes inattendues

balayées par mille regards

qui ont façonné

l'intouchable

terre il y a granuleuse et lisse

annonçant un silence

de cathédrale un linceul à peine voilé

un voile transparent

 

J'adore et je crains ces moments

de fulgurances

ou la beauté

fait place à l'horreur

et quand

la pierre saigne

avec humilité

le carnage

de tant de vies volées

encore

suintantes

entre les différentes ocres

des teintes palpitantes étreintes des sables désertiques

pour rappeler

l'origine métisse violée

de corps invisibles

 

Il y a des femmes

encore grosses

fuyant les lignes acérées

de l'ennemi

l'espoir

dans ces recoins

de vies épargnées

Il y a tout ça

et cette

indicible

beauté

des terrains de guerre

trou béant

fissure lumineuse d'horreur

 

guerre avec la terre

guerre avec les hommes

 

De tout cela

il reste cette aventure personnelle

intime et indécente

de la rencontre de notre histoire

de notre honte aussi

à s'émerveiller devant l'insoutenable

 

de sa propre chair

16:08 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

22/09/2016

Un JOUR

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C'est un mauvais jour

pour écrire

un mauvais jour pour penser

un mauvais jour

pour vivre

mais aussi un mauvais jour

pour mourir

c'est un jour

de larmes bleues

noueuses

comme le miel de châtaignes

où l'on cache sa peine

dans les rides effacées

du sourire

c'est un jour

en trop

ou un jour qui fait défaut

sur le calendrier interminable

des émois

c'est un jour

qu'on ne partage pas

par pudeur

ou par bonté

c'est

 

 

 

 

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