07.02.2010

Immuable

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(Photo JLG)

C’est comme un matin

Aveuglé de silence

Rien ne bouge

Rien ne frémit

Pas même mes lèvres

Crevassées et gercées

Par l’absence

 

Je t’écris un sourire

Dessiné par la peur

Cousu des cicatrices

Alignés de la vie

Rien ne bouge

Rien ne frémit

 

Douleur inutile

Raturée  de vos faiblesses

Malveillantes

Cesser de chercher

Reconnaissance

Rien ne bouge

rien ne frémit

 

Solitaire et nu

Mon regard me trahit

Comme il vous trahit

Je ne suis qu’un cri

Désarticulé né des

Faveurs de l’océan

Rien ne bouge

 Rien ne frémit

 

Je m’exhibe insolent

Pour mieux cacher

La peine qui m’étrangle

Celle d’un matin inutile

Main dans la main

à espérer le monde

Rien ne bouge

Rien ne frémit

 

Je m’inconscience

A soulever les vagues

Je m’impuissance

A me révéler

Humain

 

Rien ne bouge

Rien ne frémit

                       

 

02.02.2010

Il y a des jours

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(Photo JLG)

Ombre de Fête

Ancrée dans les sinuosités

De mes réveils d’enfant

Quand c’est dimanche

Et que l’on n’a pas école

Ride d’un bonheur fugitif

Lisse et doux comme une caresse

Lorsqu’on réalise

La collusion du réel

Celle là même que l’on n’imaginait plus

Comme un second réveil

Un réveil d’exception

Où tout pourrait être différent

Où le monde se construit

Sur des falaises inventées

Plus vraies que vrai

Où les séismes ne sont

Que les bougonnements de nos cœurs

Une phrase d’un grand auteur

Apprise pour sa dernière dissertation

Un refuge solitaire

Où s’infiltre le soleil

Ce n’est que l’ombre de la terre

Et pourtant si fragile

Il y a des jours

Comme ça

Où même le dimanche

On va à l’école

Persuadé

Que tout peut changer

 

16.01.2010

Bernard PAHIN

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Je ne vous reparlerai plus

De Bernard PAHIN

De cet artiste atypique

Comme on dit…

Je vous parlerai de l’homme

Qui comme chaque année

Avec méticulosité

attention

M’adresse ses vœux

A travers un travail

Cousu d’encre et de lumière

Cousu de tendresse et de générosité

Je vous parle de cet homme

Qui accumule des morceaux de vies

Des parcelles de souvenirs

Et sait même tisser

Des relations fraternelles

Avec un talent

Qu’on n’apprend pas dans les livres

Tout au plus

Autour d’une table

Ou au détour d’une rue

où il expose parfois

comme on attend

le rendez vous

avec l’imprévisible

15.01.2010

Yannick et Blaise

Je pense à toi Yannick St Louis

Et à tes frères d’Haïti

A Blaise du Lorrain

Et à ses peurs des coups de feu

Je pense à tout cet arc Caraïbe

Soumis aux spasmes de la terre

Ici je vous écris dans la neige

Avec des flocons dérisoires

De pureté 

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(Ben)

je rassemble toutes les forces

humaines et inhumaines

pour caresser mon impuissance

et donner à ceux qui peuvent

ouvrir votre sourire

dans ce chaos indescriptible

juste une once de passion

des larmes déjà asséchées

des mots

dont l’écho me revient

en plainte lancinantes

belles comme la force

que vous déployez

à vous battre

avec les mains

de vos corps

les mêmes mains

que tu me tendais

quand je t’ai rencontrée

02.01.2010

Palabres

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J’entends encore

Mes éclats de pleures

A regarder cet étranger

Si étrange

Qui n’était que moi même

Et qui pourtant me paraissait

Si différent

Revenant d’un voyage

Que je n’avais choisi

Dans aucune brochure

Et qui m’a emmené

Plus loin que tous

mes rêves ensevelis

dans un fugace moment de réflexion

le temps s’était arrêté

pour me laisser

me reconnaître

ré habiter le monde

des humains

que j’ai toujours tant de mal

à comprendre

et surtout à aimer

(il doit s’agir de moi)

plus de deux ans déjà

et ce matin je me suis croisé

dans ton regard

ami

qu’on t’a enlevé

dans une douleur

dont l’écho

a réveillé les larmes

de mon cœur

fait palpiter mes yeux

les lames de l’oubli

et nous avons parlé

longtemps

parlé de cette douleur

inhumaine

et sereine

qui l’espace

d’un instant nous rappelle

à la horde

à l’instinct

sauvage et unifiant

presque semblable

aux embrassades

des vœux de nouvel an

que je partage ce jour

avec tous ceux

qui ont fait ce voyage

d’une façon ou d’une autre

et qui gardent la trace indélébile

de leur reconstruction

 

24.12.2009

J'ai peur

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(photo Claude Levi Strauss)

Ombre de Fête

Ancrée dans les sinuosités

Tactiles des rides de nos souvenirs

De jeunesse

Je reste un trait d’union

Un point de suspension

Entre le rêve qui t’agite

Et la métamorphose du désir

Qui épaissit nos voix

A les rendre charnues

(j’allais dire charnelles)

Je suis de ce pays

Qui transporte les voix

Transporte les émotions

Dans les futaies humides

Des matins brumeux

De ce pays qui dissipe

Tous les malentendus

Et laisse nos corps aphasiques

Jargonner l’indicible

Alliance illégitime

Avec la terre qui nous porte

Nous supporte

Et nous emporte

Je suis de ces ombres

Qui te révèlent au monde

L’espace d’une parenthèse

Dans un temps qui se dilate…

Je suis enfermé

Dans les jardins gelés

Du parc Monceau

Ma mère n’est pourtant pas loin

J’ai peur

16.12.2009

Ombrage

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J'écris sur l'ombre des souvenirs

25.11.2009

Tanezrouft

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( photo JLG )
histoire d'amitié
dispersée par les vents du désert
par les vents du levant
incompréhension pourtant si cinglante
que le temps ne fait rien à l'affaire
qu'il nous sépare toujours
de nous mêmes
histoire de sable
où nous avions pétri
le sourire large
du partage
le temps nous a trahi
ou bien n'avons-nous
pas su
nous mêmes échapper
à l'étreinte impudique
de notre stupide
insignifiance
modelée d'orgueil

19.11.2009

Ebauche

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J’ai enfanté le silence

Une voix de braise

Aux écorchures de sève

Pénètre insidieusement

Ma mémoire infantile

Sondant mon amnésie

Je me rapproche de moi

Je me souviens du rien

Qui modelait tout

Du tout qui m’appartenait

En rien

Hallucination du passé

Toujours présent

Je scarifie

Le squelette

De mes peurs

Dépassées

La vilaine balafre

Du manque

Se perpétue

A l’infime

D’un réveil

Répétitif

Contaminant

Le premier mot

Que mes lèvres

Ont porté

Assaillant

Vacillant

Etrange épreuve

De la tentation

D’exister

Le silence pour le dire

08.11.2009

Retard

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(Photo JLG 82-83)

Mémoire de terre et d’eau

Mémoire engloutie sans le savoir

dans le s’avoir limbique de nos émotions

Mes moires de mon enfance

La peau des pierres écorchées

Qui nous murmure à l’oreille

L’aube des rêves fécondés

Que nous ne ferons jamais

Les rives de nos sables qui infiltrent la mer

Pour  inventer des îles

Où ne vieillirons pas

Le soleil accroché au ciel

Comme dans un dessin d’enfant

Il est en haut à gauche

Mirage soutenant le temps

Imperturbablement

inéluctablement

Pour nous faire croire

Que nous avons grandi

Comme il le fallait

Les mots dans la bouche

Désir erroné masqué de se parler

Quand personne ne sait

Qui l’a construit

Qui nous construit

Et ces odeurs de terre

Familières et inconnues à la fois

Qui habillent nos pas incertains

Vers la fuite originelle

Rencontre  quotidienne

D’une image façonnée

Par mille regards échangés

Celle des matins de jasmin

encore transi par la nuit

quand à  la radio on commémore

la chute du mur de Berlin

je suis déjà en retard

je suis tout autant en avance…

en avance...avance...

 

 

01.11.2009

Tout ce qu'on se dit

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Tout ce qu’on se dit

 

J’ai fini par céder aux injonctions répétées de ma fille, j’ai lu Marc Levy.

Certainement le désir insoupçonnable d’être un père à l’écoute, pas définitivement ringard.

Surtout ne pas couper ce lien fragile qui nous unit…

Cette fine toile d’araignée tissée par la rosée du matin qu’une goutte superflue met en péril.

Essayer de repeupler cette surdité de ton enfance

Cette amnésie essentielle – sans doute – pour pouvoir te permettre de t’éloigner de moi…

 

« Se pouvait-il que cette vie qui t’avait fait si mal ait préservé chez toi les rêves d’enfants que nos libertés ont étouffés ? »

 

Ce rêve d’horizon de folie

Cette mémoire oubliée

Où naissent les enfants

18.10.2009

Intitrable

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Comment rassembler ces odeurs de marée

Et les mots qui m’ont forgé autour du flipper

du bar du centre avec toi Raphaël, fagoté de ton agrégation toute neuve en Lettres classiques et de ton polo sans teinte dont il ne manquait pas un bouton…

Aussi ce petit professeur du collège du commerce

Qui m’a donné toute sa confiance

Et son regard complice quand il montait dans son immense Volvo grise démesurée et pourtant pas assez grande pour lui…

Comment réunifier ces souvenirs d’enfance

Qu’un écart de vie a bousculé.

Rupture annoncée d’une plongée charnelle

Mes larmes dans la brise réfrigérante des interminables avenues Tourangelles

Quand toi grand père tu es parti

Comme une trombe d’eau

Toi si présent de force douleur encore maintenant

Comment raccommoder ces éclats de vie intenses

Illuminés de présence palpable et rare

Quand  l’insignifiance te poursuit jusque dans tes émotions les plus intimes

Comment ne pas s’accrocher à ce miroir brisé de l’enfance

Clivage incessant d’une vie qui se reconstruit

Episodes tranchants de souvenirs qui s’articulent

Comme un semblant de mannequin désarticulé mal recousu

Toi, François avec qui nous avons dévoré tellement

toute notre adolescence pour devenir étrangement si lointains

Toi, Marc qui me lie à la rue des Chardons et ses « papillons blancs », à ton père et à la maladie de sachs

Toi le fils du notaire dont j’ai oublié le nom qui peignait des Dali mieux que lui avec une lueur de folie nécessaire et déconcertante.

Toi Philippe, avec qui nous avons mélangé nos vies pour sortir la tête de la pauvreté et tellement été complices

Comment rassembler mes peurs infantiles

Celles de quinze années de combat singulier

Un tour du monde sans photographies

Où les rencontres avec soi-même n’étaient pas toujours éloquentes et soyeuses

Peurs volatiles comme la disparition de Paul sur son bateau

Quelque part entre Caraïbe et métropole

Désir d’île ancré dans ma chair

Dermatose purpurique de mes nuits noires

Langage décalé d’un monde où la parole n’existait pas

Pour ressentir ce que jamais nous ne pourrons dire

L ‘éveil au monde est un chemin de voix

Sculpté entre anéantissement et dissolution

Vivre ou mourir un combat de chaque instant

Dont nous ferions bien de nous souvenir parfois

Mon cri de silence autiste vous répète inlassablement

De revenir à l’essentiel

Ce silence qui nous forge

Nous élève à l’humanité

Ne soyons pas inhumain à l’homme pour échapper

A notre propre réalité d’hommestiquée

Osons la faiblesse et la peur

Osons le silence et la colère

Osons être ce que nous sommes

Des dépendants de la vie

Des pendants de la vie

Des

Des

Et encore

09.10.2009

Déplier le bonheur

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Il fallait rêver d’une envolée

D’une absence définitive

D’un souvenir d’écorchures aux genoux

Des moments inspirés où l’on se sentait  invincible

Il faut bien se réconcilier avec cette terre coquelicot

Renoncer aux odeurs de thym et d’argile humide

Préserver ces regards et ces mots  qui vous construisent un squelette

Unique

Au risque

De naître pour rien

Dans cette absente absence

Un souffle de vent à peine ébauché

Une larme qui renonce à couler

Une paupière qui n’en finit pas de parler

Un sourire qui se dévoile et inonde le monde

Un voile enveloppant de tendresse

Un désir

Déplié sur le cœur

Comme un mot doux l’oubli d’un glissement de bonheur

Décaler le regard

Jusqu’à  entrevoir le silence

Vous crever la voix

20.09.2009

Replis d'horizons

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J’ai rêvé des replis d’horizons

Qui cachent si bien le soleil couchant

Et tous mes regrets d’infini

Quand je repousse cette ligne

Au firmament des étoiles de mer

(J’ai traversé la chine très vite

Pour ne pas engourdir mon sourire)

J’ai laissé mes yeux rencontrer la mer

Comme on aime une femme

A les plisser de douleur parfois

A les dilater aussi de partages

A froisser mon sourire

Des larmes des autres

J’ai troué mon cœur

Des mauvaises herbes

Qui ne meurent jamais

j’ai regardé les vagues répétitives

à en oublier la puissance sauvage

qui me nourrit chaque jour

du souffle amer des sirènes

du plancton échangé avec les baleines

je suis comme ces femmes de pêcheurs

qui regardent l’horizon

sans voir l’océan

parce qu’elles savent

que les reflets du soleil

ne sont que des cris d’amour oubliés

qu’elles n’ont pas eu le temps de leur dire

pas eu le temps d’entendre

mais elles savent

13.09.2009

Dimanche

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08.09.2009

Blanc/Noir

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(photo JLG)

Drap froissé de mes énigmes

J ‘allonge le blanc du silence

Comme une pâte à pain sans fin

Lame à rasoir entre les lèvres

Je taille avec précision la marque indélébile

De vos cris répétitifs et sereins

La pâte craque

Les draps se froissent

Nous enveloppent

C’est déjà demain

Nous ne sommes plus comme hier

Les traces sur la peau

Imprimées en nous

Au plus profond

Témoignent

parfaitement

De l’avancée du soleil

04.09.2009

Réminiscence

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29.08.2009

Ne plus écrire

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22.08.2009

Poivre aux yeux

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Je suis un graffiti  en transhumance

Une éclisse plantée dans votre chair

Je sors sans âme ni sourire

Humain inhumain

Ou l’inverse

Je me chausse de vos parcours tourmentés

Au « poivre bleu » de vos yeux

Vous êtes parfois la caresse

Qui me fait exister

Et me souvenir du bonheur

Irisé de mon amnésie volontaire

Des vapeurs de cendres froides sur la pierre

un éclat de silex au bord de la paupière

Je m’humanise en  me désocialisant

Je suis une pierre dans vos chaussures

Un charançon dans votre pitance

Je ne rêve que de votre volatile insolence

Une révolte qui nous régénère

Je voudrais être votre cri

S’insurgeant contre l’illicite

Pouvoir des hommes

 

16.08.2009

A contre temps

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