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12/05/2017

Humeur

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photo-texte JLG

 

Au matin lisse de mes insomnies

j'ai besoin de mes jours pour réparer mes nuits

même si je croise

je devine

en mémoire

toutes les douleurs du bonheur

ces moments au-delà des heures

dans la turgescence anévrismale

de tous les possibles

de toutes mes déchirures

de toutes mes écritures

résonnent en aurores boréales

le temps d'un souffle

de mort

la mort ne fait pas de cadeau

même si c'est dire à peu de frais

comme

il est difficile de vivre

je fais un burn out des larmes en tension

de ces quarante ans d'appels au secours

qui ont puisé, épuisé

ravivé

je ne sais plus mon reste d'humanité

d'animalité

J'ai le coeur ridé

des vociférations silencieuses de ma cruauté

Se bonifier reste un impossible végétal

où je ne me reconnais plus

je te tends la main

comme on tend un flambeau

qui en nous quittant

éteint la braise insoumise

des souvenirs

morsure répétée

de l'inutile utilité

du soir

 

 

14:41 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

23/09/2016

Antelope

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(photo CP)

 

J'ai souvent dialogué avec la terre

jamais

je ne m'y suis baigné à m'y noyer

jamais

ressenti

cette intimité

cette proximité

cette sensualité cette appartenance terrestre

presque incestueuse

 

Il y a les couleurs

mordues par le vent du temps

par des formes inattendues

balayées par mille regards

qui ont façonné

l'intouchable

terre il y a granuleuse et lisse

annonçant un silence

de cathédrale un linceul à peine voilé

un voile transparent

 

J'adore et je crains ces moments

de fulgurances

ou la beauté

fait place à l'horreur

et quand

la pierre saigne

avec humilité

le carnage

de tant de vies volées

encore

suintantes

entre les différentes ocres

des teintes palpitantes étreintes des sables désertiques

pour rappeler

l'origine métisse violée

de corps invisibles

 

Il y a des femmes

encore grosses

fuyant les lignes acérées

de l'ennemi

l'espoir

dans ces recoins

de vies épargnées

Il y a tout ça

et cette

indicible

beauté

des terrains de guerre

trou béant

fissure lumineuse d'horreur

 

guerre avec la terre

guerre avec les hommes

 

De tout cela

il reste cette aventure personnelle

intime et indécente

de la rencontre de notre histoire

de notre honte aussi

à s'émerveiller devant l'insoutenable

 

de sa propre chair

16:08 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

22/09/2016

Un JOUR

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C'est un mauvais jour

pour écrire

un mauvais jour pour penser

un mauvais jour

pour vivre

mais aussi un mauvais jour

pour mourir

c'est un jour

de larmes bleues

noueuses

comme le miel de châtaignes

où l'on cache sa peine

dans les rides effacées

du sourire

c'est un jour

en trop

ou un jour qui fait défaut

sur le calendrier interminable

des émois

c'est un jour

qu'on ne partage pas

par pudeur

ou par bonté

c'est

 

 

 

 

14:56 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

27/08/2016

Michel BUTOR

Avant Hier j'étais justement dans géographie parallèle  (edition l'amourier) une écriture terrestre.

j'oserais "objectale" donc humaine.  JLG

22:58 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

21/08/2016

Humeur matinale persistante

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Je vis de souvenirs oubliés

de ta main sur mon cou

quand la brise se lève

Je vis parce qu'il ne faut pas renoncer

renoncer à soi-même

renoncer à ces réveils solitaires

A la toute première gorgée de café

et jeter le reste

Ne garder que l'essentiel

ne rien garder

juste se souvenir lorsqu'il est encore temps

des écorchures sur les genoux

des séparations impossibles

avec la fille du 6éme

de la beauté de sa mère

devant le parc Monceau

du vacillement incertain

sur la balustrade de la fenêtre

quand l'enfance devient un cauchemar

juste se souvenir

de l'immensité du désert

du sable qui roule sous ses pieds

à nous ensevelir

de la chaleur des nuits sucrées Antillaises

juste

cette profonde blessure

qui se souvient d'avant le mal

d'avant tout pleur

quand même les pierres parlaient

et le vent caressant écarquillait nos yeux encore enfant

juste se souvenir

que rien ne nous faisait peur

rien n'était impossible

nous étions les enfants du soleil

Depuis

quelques souvenirs

ont obscurcis l'horizon

et on ne sait plus où commence le ciel

nous sommes les sans ciel

d'un monde

qui ne sait plus se regarder

qui ne sait plus où regarder

Alors que tout est là

au tout dedans

là où se forge

la ravine de nos émotions

le printemps de nos jours meilleurs

 

 

 

 

10:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)

14/02/2016

DESHONNEUR

Ce n'est pas si souvent que la colère m'envahit...

Mais alors là, bien que sans illusion, prendre tous les citoyens pour des cons, c'est TROP.

Ce matin, avec tristesse, j'ai déchiré ma carte d'électeur.

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Ma ligne de vie

se décrie au point de rosée

pas même atteint

elle était définitivement en travaux        ...en friche

 

une césure dans un vers interminable

entre tourment et recueillement.

 

Poussière de terre et de limon

je ne devais rien aux étoiles

 

Le voisin déplaçait obsessionnellement

la clôture de son champ

comme pour se persuader

qu'il avait des projets d'ailleurs

peut-être sentait-il

qu'il nous faudrait

reconsidérer la couleur étonnante et volatile des abricots

 

le vent fort venu de l'Ouest

ce matin là

n'empêcha pas le soleil de se lever

Il le fit

sans se soucier de l'homme

je su que c'était un jour comme les autres

et que pourtant rien n'était comme avant

 

même mes tartines beurrées et mon café

avaient un goût inhabituel

une désespérance à suspecter l'amour

 

elles ne me rappelaient même plus les souvenirs d'enfance

 

les grasses matinées inutiles

à n'en plus finir

avec ma cousine, mes soeurs ou ma mère

ces moments où le temps se fige

où même le soleil tremble et semble

s'être arrêté à l'entrebâillement du volet

il ne brille alors que pour nous et nous nous persuadons

que la vie est belle

même la mine en graphite de mes crayons ne s'écrasait plus sur la feuille vierge

pour m'alerter au plus vite que la beauté du monde

n'a pas été inventée par l'homme

 

c'était un matin définitivement en travaux

je déplaçai les clôtures de mes pensées

comme s'il était impératif

comme si l'urgence imposait

que je ne sois pas surpris de voir

les cerisiers en fleurs, les amandiers se tordre

ne plus me demander si je suis un tortionnaire comme chacun de nous

surtout ne pas penser pour une fois à la mort de mon grand-père

le laisser seul redécouvrir l'absence

ce qui gît au fond de nous

ce matin du 11 février

Mandela sortait de prison

je n'allumai pas la radio

je mis un 33 tours d'une chanson de Joni Mitchell... « blue »

retour de mémoire inaccessible de maison bleue

la performance de Carolyn Carlson en 1977 avait troublée mon appréhension du monde

je serrai dans ma main un Herkimer de cinq cents millions d'années

mes doigts sentaient le savon de Marseille

et cela suffisait à me sentir libre

 

ne pas penser ce qu'on m'avait appris

mais penser ce qu'on m'apprenait pour articuler une autre pensée

la mienne

Il était évident

que je ne ferai rien comme d'habitude

que toutes mes valeurs imposées

auxquelles je croyais

n'avaient aucun sens

 

je repensai à la tombe de Camus et de Dali

je préfère celle de Camus et cette discrète similitude avec la banalité

de l'homme ordinaire qui sait se rendre extraordinaire

au moment où écrire est aussi difficile que ne pas écrire

je sortis et plongeai mes pieds et mes mains dans la terre

je vis que d'autres comme moi avaient renoncé

à la mort programmée

et au bonheur manufacturé

d'autres et d'autres encore réécrivaient la brèche sans fin de l'écriture

comme une gerçure qui ne guérira pas

la cicatrice indélébile de l'ami

comme un feu qui ne se consume pas mais nous consume tous

Enfin libre de ne pas écrire

ou d'écrire

Renoncer à soi-même comme l'écriture renonce à se donner

au juste aplomb

de la liberté

et

de l'honneur

15:59 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

31/01/2016

URGENCE

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La force obstinée de l'existence

l'abandonnait

Ou bien avait-il choisi un autre chemin

L'air était saturé de silence

sur la lagune

la nuit, de noir éparpillé

révélait les lacunes

de nos origines

incertaines

j'étais la terre

éclairée de terreur

j'étais ce glissement de terrain

qui déplace les montagnes

et préserve une âme inaudible

persistante comme un baiser

métissé de glaise et de tendresse

un souvenir qui s'échappe

et qui pourtant s'enracine

dans quelques sédiments

que la terre accueille

 

la nuit égrenait son chapelet de souvenirs de terreur

il était minuit quand le sourire dérive

 

Il ne savait pas grand-chose

juste que rien ne lui appartenait

que c'était sa richesse

il pouvait ainsi arrêter son coeur

et vivre d'une autre vie

qu'il ne connaissait pas

une vie de pleine vie

l'insoupçonnable éclat de rire de la terre

une virgule

oubliée

dans un livre

à réécrire

dans l'urgence

du répit.

10:18 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

09/08/2015

Vignette Clinique

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 Tu t'es effondré en larmes

dans mon bureau de psychiatre

Tu essayais de me dire

combien ma visite dans ta chambre

et les mots que nous avions échangés

étaient importants et inutiles

tu avais deviné sur ma joue

au ras de ma paupière

l'infini fragilité de la peau

à retenir en échange , d'autres larmes

invisibles et d'autres mots

hurlants de silence

qui transperçaient et enrayaient ma gorge

Ils nous rendaient si tristes, humbles et déplacés

mais aussi tellement attentifs

tu m'as fait entendre dans ta folie

ce que mentaliser ton corps

jusqu'à en être captif

signifiait

que le savoir ne soigne pas

mais il en faut quand même

que l'intelligence ne soigne pas non plus

mais qu'il en faut aussi

que l'amour non plus n'y peut rien

mais qu'il en faut sans aucun doute

que la neutralité n'est qu'un concept

théorique (j'allais dire universitaire)

et qu'il n'en faut pas du tout

tu m'as appris pour la énième fois

de ma carrière

que seule la vraie rencontre soigne

mais je l'oublie à chaque fois

je l'oublie à chaque sourire

entre deux barrages, deux absences

à toi même, et du coup à moi aussi

Combien un regard peut être immense

et saturer le ciel

accepter ta folie

c'est ne pas en vouloir

ni pour toi

ni pour moi

c'est tracer la ligne

qui te conduit et me conduit à un autre espace

une autre écoute

où toi tu vas cesser d'être psychotique

et moi cesser d'être thérapeute

alors là peut-être

notre parole sera audible

aux rives d'un

entendement qui sera vrai 

puisque nous l'aurons inventé. 

puisque nous l'aurons inventé. 

 

18:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

20/07/2015

Matin

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(Photo JLG - KLA)

 

L'aube grise mordait

et avalait les terres noires

elle semblait articuler

les premiers mots

des matins des hommes

comme dans un tableau silencieux

de Soulages

La nuit avait ainsi

échappée au sourire

et elle mêlait

la douceur volatile

d'un monde naissant

à la barbarie

des reflets incessants

de la souffrance

Je pensait m'être soustrait

à l'injustice

tellement

la justesse de l'instant

était parfaite

discrète

inaliénable

 

la journée toute entière

était nécessaire

 

à l'infime instant

09:07 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

03/07/2015

Les Rires du Vent

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Pierres roulées

par l'eau du temps

scories de ma mémoire

tu traques sur ma peau

dans les sillons ronds de mes émois

le tannin bonifiant du regard

qui fuit

et estompe l'acuité de la révolte

lissant et tendant le cuir du sourire

tu ne finis pas de vieillir

de vieillesse

j'avais caché

le rire de ma mère

dans les sillons creux

de la peau

le temps est une empreinte minérale

une écriture perdue dans les sables d'Harar

un mirage de ta jeunesse

un pétroglyphe oublié à peine érodé

le sourire juvénile d'une femme

écorchée par les gestes viriles du vent

qui déplace les dunes et les pétrit

sans délicatesse

Le temps c'est cette photographie jaunie

qui ne quitte pas ta poche

comme pour te convaincre

que l'avenir est devant

mais tu sais que les yeux debout

tu ne vois jamais aussi loin

qu'au fond de toi-même

Je voudrais savoir gâcher ma vie

ne pas atteindre cette réussite

promise par d'autres

et à laquelle je n'aspire plus

ne pas renoncer à la vie

mais prétendre à la mienne

si incongrue et trouble

laisser moi penser

à contre-temps

Si la sagesse s'acquière avec le temps

la mienne n'a pas le rythme des saisons

elle s'est arrêtée un jour

de grande chaleur

à jour-poindre

dans le fracas

infini

 

de l'infime violence.

14:23 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

16/12/2014

Coeur à Corps

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Une pluie de rêves oubliés

inonde les rivières de mon corps

 

Je sens ma seule certitude

dans la solitude bleue qui cerne

les falaises du coeur

 

la grisaille, ce matin, illumine

la terre d'un reflet de larme naissante

 

je m'émerveille de cette rencontre

à l'allure de sourire

échangé

partagé

dans la rue, sans raison

une complicité

consumée

telle un regard posé sur la terre

une connivence de toujours

ancrée dans l'âme minérale

de la pierre

une familiarité, une appartenance reconnue

une filiation

qui unit tous les exclus

et rature maladroitement les injustices

 

à creuser la terre où il n'y a pas d'arbres

j'ai trouvé les racines des hommes

 

je sens la puissance de cette force insoumise

cette volonté d'enfant

d'un royaume sans roi

où chacun

dans ce passage éphémère

en forme de paume levée, qu'est la vie,

a pu se dire un jour

« j'y étais »

et

laisser une trace anonyme

dont personne ne se souvient

mais que la terre garde

intacte

enfouie

dans sa respiration

qui souvent nous paralyse de stupeur

parfois de bonheur

donner un simple sens au refus d'oppression.

Convoquer chacun dans sa singularité ineffaçable

Etre sans Parlaître

Naître qu'à soi-même

Nu

dans un cri sans fin

 

épicé d'aube incertaine.

 

18:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

12/12/2014

5 h 57

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5 h 57

Il avait mal dormi…

 

Un matin de pleine lumière

Après avoir avalé son 7ème café

comme pour conjurer ses 7 arrêts cardiaques

il se laissa prendre

par « la configuration du dernier rivage »

Plus que personne

il savait qu'il ne fallait pas plus

« que quelques secondes pour effacer un monde »

des rives de l'aphonie

d'où il tirait les principaux traits

de son caractère

Il avait tenté et tente encore

de faire de la vie son alliée…

Il se répétait ces mots

d'un auteur moderne

qu'il avait trouvé

sur l'étagère du WC

(L'espace entre les peaux

Quand il peut se réduire

Ouvre un monde aussi beau

Qu'un grand éclat de rire.)

Quel nouveau désir

pouvait-il donc attendre

encore

il avait fait un trait sur sa vie

par peur de le faire sur sa mort

il savait qu'il allait mal mourir

comme il avait mal vécu

il ratait toujours ses départs

et ne s'en consolait jamais

il en avait pris son parti

Chaque rencontre

rend compte

de ce désir de partage

qu'il savait illusoire

un aphorisme inutile

qui ne suffisait plus

à combler la brèche

qui le séparait du monde

qui le séparait surtout de lui-même

il était calme et heureux

le goût sucré de sa peau

l'envahissait

Il savait son absence

bien plus indispensable que sa présence

des herbes rouges

au fond des yeux.

 

 

07:26 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

12/07/2014

Today

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Je n’échapperai pas

A la levée du jour

Et pourtant j’étais sans certitude

Celle des pierres qui se fendent

Même quand aucun bruissement n’annonce

La métaphore du changement

J’étais décidé à regarder le temps

Celui qui passe

Comme une caresse dans les herbes rouges

Le feu qui ronge les corps assoupis des bien pensants

Des penseurs et donneurs de leçons

Décidé à pardonner

L’affront des hommes

Cette symbiose avec la terre

Que connaissent les enfants

Dans une lutte à mort

Me perdre ou perdre

Les racines graciles qui me lient

A un semblant de sens à la vie

Ne rien posséder

Que la noirceur des nuits sans fin

Des nuits où l’oubli nous fait regretter

De nous croire civilisés

Rien n’appartient à personne

Nous sommes un éclair à peine visible

Dans une nuit sans lune

Une évidence que la terre nous rappelle sans cesse

Mais que notre crédulité mégalomaniaque

Nous fait oublier aussitôt dite…

Je m’épuisais à regarder le vent

Reconstruire un semblant de journée

Le lilas était jaune

Et enfin

Je me sentais mortel

Pour de vrai

discrètement

09:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

04/05/2014

Ma voisine

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Comment relire

Les pages oubliées

De l’histoire

Les vestiges sans larme

Des épopées charnelles de l’enfance

Quelques fleurs jaunies entre les pages d’un livre

Je les retrouverai peut-être quand ma mémoire fera défaut

Comme cette petite femme que je croise plusieurs fois par jour

Elle se rend à l’arrêt de bus qui n’existe plus depuis si longtemps

Pour y attendre son fiancé…

Plusieurs fois par jour, par tous les temps, de très tôt à très tard

Elle retourne inlassablement les pages du même livre

S’y retrouve à la même page, à la même ligne

Là où son fiancé la rejoignait

Il y a des dizaines d’années

Elle se maquille sommairement, se prépare à la rencontre

Et repart dix fois, vingt fois par jour

A la rencontre de son amour qui la rend si vivante

J’entends souvent qu’elle serait mieux dans une maison spécialisée

Mais j’aime croiser cette femme aux rides qui se déplissent

A chaque aller et venue vers la gare routière

Elle porte sur elle une histoire inachevée

Un petit gilet sans couleur précise

Et une démarche d’adolescente rejoignant son chéri

Elle porte en souriant une douleur terrible

Celle d’une mémoire qui impose la jeunesse, sa jeunesse

Alors que René est mort à la dernière guerre.

J’ai parfois envie de pleurer

Tellement ses trajets sont dérisoires

Vers cet amour qui est toujours sur elle, posé comme un papillon

Elle me rappelle à chaque passage

D’inscrire dans ma mémoire

Que l’on peut sauter les pages d’un livre

Mais de le garder précieusement sous son bras

Comme le bras de celui

Que l’on a tant aimé.

 

20:03 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

02/05/2014

Nost-algie

 

première année de médecine à Tours

Il y avait Vincent et toi Philippe

Vincent tu m'as appris à jouer de la guitare

Philippe nous refaisions le monde, chaque jour

C'était curieux cette complicité

nous étions si différents et si proches à la fois

Il y avait ces deux concertos de BACH

Nous aimions surtout le premier mais c'est le deuxième que j'ai choisi...

cette pochette bleue, je j'ai ouverte des centaines de fois

Je crois sincèrement que nous avons réussi grâce à cette musique

Non je vous mets le premier

ce serait injuste sinon

Et pourtant à l'époque j'étais un fan de King Crimson

des Beatles bien sûr et  de Crosby, Stills Nash and Young

mais aussi de Bertin, Ferrat, Brel, Ferré et Brassens

et tant d'autres...nous ne rations aucun concert.

Bon c'est juste pour vous faire écouter

les papiers de ma mémoire

qui s'envolent au vent du Sud.

15:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5)

30/04/2014

Ab - Sante

 

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Je n'écris plus depuis un bon moment...

Plus envie peut-être ou plus capable

Plus rien à dire sans doute

Tout est dit...

Et pourtant rien n'est dit

qui ne soit  une étincelle dans la nuit

une fulgurance qui réveille le jour

et les ombres s'illuminent...

Je m'aperçois que malgré ce silence

cette absence...50 à 100 personnes passent chaque jour sur mes mots

pardon, les mots que j'aligne

alors je me dis que je ne peux pas rester insensible

je ne le suis pas d'ailleurs

j'apprécie ces visites et je sais que certains

attendent une lettre, un signe, un mot

alors je vais refuser ce silence

soyez patient

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ce n'est pas comme le vélo

on y perd son âme parfois

En tous cas, je vous aime...

 

17:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

31/10/2013

Divagation

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J’ai toujours beaucoup regardé les murs de ma chambre lorsque j’étais petit. J’y voyais toutes les angoisses de la vie s’y révéler dans un morceau de tapisserie déchirée.  Je devrais dire les murs de l’unique pièce à vivre. Les murs comme une seconde peau où se regarder grandir. D’ailleurs je n’ai jamais appelé ça un appartement. C’était une partie d’un ancien couvent avec un placard à charbon. Personne ne m’a jamais enfermé dedans, à part moi pour m’isoler et rêver. Mon lit entouré d’un cosy des années cinquante était mon seul refuge. Je vivais avec mon grand père et ma grand-mère avec des souvenirs d’avant l’avant. Le frère de mon grand-père mort à 34 ans en sautant à cheval  d’un pont de la Loire, Le départ à 14 ans de mon grand-père pour la marine à Marseille. Des tas de petits cailloux enveloppés dans du papier de bonbons à savourer avec parcimonie quand l’absence réveille les souffrances d’enfant.

 

Le temps n’avait pas bien vieilli

Il n’avait pris aucune ride

Mais il sentait pourtant la naphtaline

J’y croquais le bleu des rêves

Avec l’insouciance des enfants de pauvres…

De quelle époque étais-je ?

Où étaient mes racines ?

Particule non identifié brûlant l’eau salée des grandes marées

J’avais renoncé à la souffrance très jeune

Certes, elle m’a bien rattrapée

Mais je l’ai domptée de nombreuses années

Mes mystères me sautaient à la gorge

Comme un repas mal digéré, un réveil du dimanche trop matinal

Une brise du large qui ne s’engouffre pas dans les cheveux

Une ligne d’horizon qui nous échappe inlassablement

Qui abolit les perspectives

J’étais triste et heureux à la fois

Cette ambivalence charnelle

Qui dévore toute imagination

Tout projet

Impossible de me projeter dans un quelconque avenir

Y avait-il un avenir, d’ailleurs

Un faux semblant où l’on s’évertue à laisser trace

Quelles traces ont laissé les hommes

qui méritent  de vivre uniquement par procuration

Notre imperfection est criarde

L’injustice ne fait plus pleurer que les enfants

 

Le soleil était toujours trompeur à la terrasse du « café chaud » où nous refaisions le monde. Depuis le monde va plutôt plus mal et nous, nous mesurons notre réussite mathématiquement, numériquement sur un modèle oublié, dépassé qui sent la révolte. J’ai une envie de jouer au « flipper » dans le café du centre avec Raphaël et les trois petits cochons. Une rencontre insolite, imprévue…de celles qui vous font croire que tout est possible. Merci RM.

Et pourtant je reste intraçable… scorie d’un passage qui ne dérange même pas les feuilles mortes.

11:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

25/08/2013

Quelques miettes de pain

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Ma vue asséchée de larmes

Devinait le silence tapageur

Des passeurs de rêve

Je ne pouvais me résoudre

A comprendre le monde

Ne comprenant de moi que la surface écorchée du désir

Le vieillissement des pierres

Etait mon refuge ancestral

Ma généalogie

Je me surpris à méditer

Après ce long tarissement de mots

Éclipse verbale salutaire et ombragée

Où le corps ne répond plus

La gorge fermée

Crevasse oubliée et stérile

Où s’accumulent la mémoire et le souvenir

De la vie des hommes

Galaxie imprenable d’une pensée sauvage

A peine élaborée

A peine viable

Le son inaudible mais présent

Comme le crissement d’un bas sur la jambe d’une femme

Le tumulte d’une caresse effleurant la peau

Le trouble du baiser avant le contact

Quelque chose d’indisable

Une parole avortée et cruelle

Qui nous rappelle notre incomplétude

Notre fragile et vulnérable souffle

Evanescence de la volonté de laisser trace

Trace d’un si peu de nous

Comme les miettes de pain

Sur la table après le partage d’un bon repas

Seuls les oiseaux s’en souviennent…

Ce n’est déjà pas si mal



15:02 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)

05/07/2013

Coup de Vent

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(photo JLG)

 

 

J’ai toujours beaucoup regardé les murs de ma chambre lorsque j’étais petit. J’y voyais toutes les angoisses de la vie dans un morceau de tapisserie déchirée  Je devrais dire les murs de la chambre cuisine salle à manger. Il n’y avait que deux pièces dans l’appartement. D’ailleurs je n’ai jamais appelé ça un appartement. C’était une partie d’un ancien couvent avec un placard à charbon. Personne ne m’a jamais enfermé dedans, à part moi pour m’isoler et rêver. Mon lit entouré d’un cosy des années cinquante était mon seul refuge. Je vivais avec mon grand père et ma grand-mère avec des souvenirs du début du siècle. Le frère de mon grand-père mort à 34 ans en sautant à cheval  d’un pont de la Loire, Le départ à 14 ans de mon grand-père pour la marine à Marseille. Des tas de petits cailloux enveloppés dans du papier de bonbon à savourer avec parcimonie quand l’absence réveille les souffrances d’enfant.

 

Le temps n’avait pas bien vieilli

Il n’avait pris aucune ride

Mais il sentait pourtant la naphtaline

De quelle époque étais-je ?

Où étaient mes racines ?

J’avais renoncé à la souffrance très jeune

Certes elle m’a bien rattrapée

Mais je l’ai domptée de nombreuses années

Mes mystères me sautaient à la gorge

Comme un repas mal digéré

Une brise du large qui ne s’engouffre pas dans les cheveux

Une ligne d’horizon telle un mur de prison

Qui abolit les perspectives

J’étais triste et heureux à la fois

Cette ambivalence charnelle

Qui dévore toute imagination

Tout projet

Impossible de me projeter dans un quelconque avenir

Y avait-il un avenir d’ailleurs

Un faux semblant où l’on s’évertue à laisser trace

Quelles traces ont laissé les hommes

Qui méritent  de vivre uniquement par procuration

Notre imperfection est criarde

L’injustice ne fait plus pleurer que les enfants

 

Le soleil était toujours trompeur à la terrasse du « café chaud » où nous refaisions le monde. Depuis le monde va plutôt plus mal et nous, nous mesurons notre réussite mathématiquement, numériquement sur un modèle oublié, dépassé qui sent la révolte. J’ai une envie de flipper dans le café du centre avec Raphaël et les trois petits cochons. Une rencontre insolite, imprévue…de celles qui vous font croire que tout est possible. Merci RM.

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25/03/2012

J'étais la terre

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À cœur ouvert (3)

 

Le réel est injuste

J’avais besoin en ces temps de reconnaissance

« De ces belles personnes qui font du bien au monde »

Je pensais creuser la terre frénétiquement

Pour y trouver la paix

Effleurer ma peau du dessous

celle qui garde les blessures et les absout

celle originelle qui nous drape des amours infantiles

amours de violence et de vérité

la peau du toucher

la peau de la reconstruction

la peau du feu qui nous consume

et nous fait renaître à nous-mêmes

peau à peau je redécouvre la langue

mot à mot je réapprends la respiration

lente et ample des matins où l’on croque la vie

j’écorche la pierre tranchante du réel

sans savoir ce que j’attends

en sachant ce qui m’attend

j’ai refermé le grand livre

des souvenirs des amertumes des mémoires

comme on quitte un livre

impossible à écrire

 

J’étais la terre

Ce visage unique refermé

Sur le pas des hommes

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