09/06/2015
Pire que pierre
J'ai mis dans chaque pierre
Une larme arrachée à la mer
Un sourire d'enfant turbulent
Un geste, une main ouverte
Dans chaque pierre
J'ai mis quelque chose d'humain
Quelque chose que l'érosion
N'atteindra pas
Quelque chose que vous sentirez
Quand vous toucherez la pierre
Qu'il ne fallait pas négliger
18:12 | Lien permanent | Commentaires (2)
Sur la pointe du Coeur
J'écris tout petit
Pour ne pas rien dire
A peine lisible
Tellement le vent est fort
Que les lettres ne s'évanouissent pas
Juste pour que tu saches
Que j'ai encore des mains
Qui si elles ne savent pas écrire
Sauront toujours
Serrer très fort
18:06 | Lien permanent | Commentaires (3)
Mot Dit
oui j'aime ces mots de sang
ces maux murmurés
à l'oreille de ton ventre
comme une caresse écrite
une caresse des cris
suspendus au silence des larmes
une plaie qui me plaît
tant elle raconte une histoire
des replis de ma mémoire
des recoins de ma chair
ou des désirs de sang mêlé
tissage d'émotions
et métissage des rencontres
nos mots ne sont
que traces sur la peau
17:46 | Lien permanent | Commentaires (0)
D'une autre époque...
Il y a les mots
accrochés aux pierres
comme les larmes de la parole
un chapelet de souvenirs discrets
qui aident à rester debout, écorché mais debout
J'aimerais tant me reconnaître
à ta bouche inquiète et lucide
à tes yeux qui ne se perdent ni dans le bleu
ni dans le noir
ni dans l'espoir inventé
Je saurai me taire
pour te dire l'essentiel
d'une main tendu, offerte à une époque
qui lapide les chairs et fait espérer le sommeil
J'ai beau tendre mon regard
mon impuissance à polir le sourire, à respirer l'encre sur le papier déplié de tes yeux,
grave en chaque chose
une empreinte nostalgique
romantique, que personne n'entend
le silence devient insupportable à mon oreille
la parole de l'homme
inaudible à chaque douleur
est un "fait divers" dans un journal invendu
Rêver que le temps s'arrête
pour enfin décider de choisir
Ecrire pour se sentir vivant
Ne pas mourir.
16:09 | Lien permanent | Commentaires (0)
09/03/2015
Chanter les traces du souvenir
Retracer
singulièrement
les sillons du souvenir
comme un besoin impérieux
une nécessité vitale
Se remplir d'émotion
comme ça...
juste pour le plaisir
et lutter
contre l'oubli
Redresser les statues
de l'inhumanité
10:30 | Lien permanent | Commentaires (0)
26/02/2015
Rêve interdit...
La nuit était Ronde et inutile
je fus traversé par multitude
de déchirements
l'arrivée en gare répétitive
d'un train venant du Nord-Est de la Sibérie
un chapelet d'effractions
tendres et décapitantes
égrenant l'implacable réalité
du temps qui s'arrête
se fige
et nous fige dans un souvenir
d'une époque oubliée
ce fut un rêve à ne pas rêver
et pourtant il était là
ciselant mon esprit
de doutes et de regrets
dont je n'avais nullement besoin
en cette période de vie incertaine
le réveil fut brutal, multiple
exclu des rires qui m'entouraient
je percevais néanmoins
une douceur de femme longue
ce n'était pas ma mère
mais le claquement incisif
et fugace d'un regard
ami
que l'on a toujours connu
une insistance dérisoire
et tout de même
indispensable
elle posait un baiser sur ma bouche
avec une aisance une désinvolture
qui excusait toutes les blessures
du passé
comme un champ de blé
qui se couche sous le vent
je pliais devant une délicatesse
qui ne m'était pas familière
un sourire
qui excusait
la nuit
18:09 | Lien permanent | Commentaires (0)
07/01/2015
Je suis, je suis...
17:44 | Lien permanent | Commentaires (1)
22/12/2014
Joe
C'est une histoire qui finit
certains diront une légende
et pour une fois, je ne suis pas loin de le penser...
tu nous as accompagné Joe pendant tellement d'années entre Vincent, Philippe, la fac et les spectacles qui n'en finissaient pas...Nous t'avons tellement aimé, je t'aime encore.
20:46 | Lien permanent | Commentaires (0)
20/12/2014
à la vie à la mort
Seule
comme une mer sans ressac
un arbre couché attendant la repousse
tu vaques chaque nuit
à la recherche
de l'ombre qui t'habite par effraction
que tu as oubliée
où tu t'es égarée
dans les rencontres
avec tous ceux
que tu savais si bien écouter et rassurer.
Seule
tu avales les heures de la nuit
comme une boulimique de silence
qui ne s'en remet pas
de ne pas être entendue
de ne plus s'entendre.
frigorifiée
par ces nuits et ces jours
sans lune
enroulée dans ta couverture
tu ne te reconnais plus
tu as oublié
les odeurs de pain grillé
le matin, au réveil quand le soleil
strie ton corps de lumière
tu as oublié
combien j'admire ta force
donnée en pâture aux métastases
de la tristesse qui la délitent
dans un lent mouvement inattaquable
tu restes droite
le regard un peu perdu
ne comprenant pas ce qui t'arrive
et pourquoi, toi,
qui a toujours été si juste
simple et attachante
comme un sourire d'enfant
Seule,
je suis seul aussi avec toi
à ne savoir que dire
à ne pas appréhender cette crevasse profonde
qui me gagne aussi, se prolonge en moi,
à oser la prière
qui ne s'adresse à aucun dieu
qui s'adresse à notre monde autiste
Cette tristesse c'est la mienne
je la vis
je l'entends
je la sens palpiter
dans ce fracas où personne
n'est attentif à l'autre
tout juste à se mettre en valeur
exister, être reconnu
et soigner ses gerçures narcissiques
Je me sens handicapé
à ne pouvoir te soutenir
à croiser mon regard avec le tien
pour te donner un amour
que tu ne reconnais plus...
Je pourrais être las
mais je sens toujours
sous ce grimage de fortune
la femme que tu es
cette herbe douce
indocile aux vents tourbillonnants
et qui va forcément se reconstruire
discrètement
enfouir ses racines dans un sol gelé
et seule
à l'écart de tous
comme une femme debout
puiser cette sève de vie
qui fait manque
césure, béance,
appel à vivre
vivre
tout simplement
17:43 | Lien permanent | Commentaires (2)
16/12/2014
Coeur à Corps
Une pluie de rêves oubliés
inonde les rivières de mon corps
Je sens ma seule certitude
dans la solitude bleue qui cerne
les falaises du coeur
la grisaille, ce matin, illumine
la terre d'un reflet de larme naissante
je m'émerveille de cette rencontre
à l'allure de sourire
échangé
partagé
dans la rue, sans raison
une complicité
consumée
telle un regard posé sur la terre
une connivence de toujours
ancrée dans l'âme minérale
de la pierre
une familiarité, une appartenance reconnue
une filiation
qui unit tous les exclus
et rature maladroitement les injustices
à creuser la terre où il n'y a pas d'arbres
j'ai trouvé les racines des hommes
je sens la puissance de cette force insoumise
cette volonté d'enfant
d'un royaume sans roi
où chacun
dans ce passage éphémère
en forme de paume levée, qu'est la vie,
a pu se dire un jour
« j'y étais »
et
laisser une trace anonyme
dont personne ne se souvient
mais que la terre garde
intacte
enfouie
dans sa respiration
qui souvent nous paralyse de stupeur
parfois de bonheur
donner un simple sens au refus d'oppression.
Convoquer chacun dans sa singularité ineffaçable
Etre sans Parlaître
Naître qu'à soi-même
Nu
dans un cri sans fin
épicé d'aube incertaine.
18:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)
12/12/2014
5 h 57
5 h 57
Il avait mal dormi…
Un matin de pleine lumière
Après avoir avalé son 7ème café
comme pour conjurer ses 7 arrêts cardiaques
il se laissa prendre
par « la configuration du dernier rivage »
Plus que personne
il savait qu'il ne fallait pas plus
« que quelques secondes pour effacer un monde »
des rives de l'aphonie
d'où il tirait les principaux traits
de son caractère
Il avait tenté et tente encore
de faire de la vie son alliée…
Il se répétait ces mots
d'un auteur moderne
qu'il avait trouvé
sur l'étagère du WC
(L'espace entre les peaux
Quand il peut se réduire
Ouvre un monde aussi beau
Qu'un grand éclat de rire.)
Quel nouveau désir
pouvait-il donc attendre
encore
il avait fait un trait sur sa vie
par peur de le faire sur sa mort
il savait qu'il allait mal mourir
comme il avait mal vécu
il ratait toujours ses départs
et ne s'en consolait jamais
il en avait pris son parti
Chaque rencontre
rend compte
de ce désir de partage
qu'il savait illusoire
un aphorisme inutile
qui ne suffisait plus
à combler la brèche
qui le séparait du monde
qui le séparait surtout de lui-même
il était calme et heureux
le goût sucré de sa peau
l'envahissait
Il savait son absence
bien plus indispensable que sa présence
des herbes rouges
au fond des yeux.
07:26 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)
03/10/2014
Passeur de vies
à Tara,
Il n'y aura pas d'image trompeuse
juste l'encre du souvenir
effacée par des doigts
ou par des pattes amoureuses
et maladroites
Il n'y aura que l'esquisse
de la chaleur de ton coeur
posée sur mes genoux
comme un don sans demande de retour
J'ai beau gommer, effacer
les sourires amers de la mort
je ne parviens pas
à être ce passeur de vie
qui dans un élan de sagesse
saurait rendre douce
cette respiration aphone
qui reste notre seule certitude
ce soir ou demain
j'aurai la même peine
qui arrache les larmes aux enfants
le chagrin que je saurai taire
pour montrer que je suis un homme...
et le soleil sera toujours là
mais ne le verrai-je pas différent
d'indifférence.
18:45 | Lien permanent | Commentaires (0)
12/07/2014
Je n'aime pas les citations
Je n'aime pas les citations, mais après un travail avec ma fille, je ressasse sans arrêt une phrase très courte, qui en dit long de Michel Houellebecq dont je ne me sens pas très proche et que je n'apprécie pas trop...encore...je découvre dans sa poésie quelques perles rares à force de relecture.... Bref, c'est dans Extension du domaine de la lutte de 1994.
"L'homme est un adolescent diminué"
no comment...
09:46 | Lien permanent | Commentaires (0)
Today
Je n’échapperai pas
A la levée du jour
Et pourtant j’étais sans certitude
Celle des pierres qui se fendent
Même quand aucun bruissement n’annonce
La métaphore du changement
J’étais décidé à regarder le temps
Celui qui passe
Comme une caresse dans les herbes rouges
Le feu qui ronge les corps assoupis des bien pensants
Des penseurs et donneurs de leçons
Décidé à pardonner
L’affront des hommes
Cette symbiose avec la terre
Que connaissent les enfants
Dans une lutte à mort
Me perdre ou perdre
Les racines graciles qui me lient
A un semblant de sens à la vie
Ne rien posséder
Que la noirceur des nuits sans fin
Des nuits où l’oubli nous fait regretter
De nous croire civilisés
Rien n’appartient à personne
Nous sommes un éclair à peine visible
Dans une nuit sans lune
Une évidence que la terre nous rappelle sans cesse
Mais que notre crédulité mégalomaniaque
Nous fait oublier aussitôt dite…
Je m’épuisais à regarder le vent
Reconstruire un semblant de journée
Le lilas était jaune
Et enfin
Je me sentais mortel
Pour de vrai
discrètement
09:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)
04/06/2014
Ambiance : Une fête étrange..Jacques BERTIN
13:51 | Lien permanent | Commentaires (0)
04/05/2014
Ma voisine
Comment relire
Les pages oubliées
De l’histoire
Les vestiges sans larme
Des épopées charnelles de l’enfance
Quelques fleurs jaunies entre les pages d’un livre
Je les retrouverai peut-être quand ma mémoire fera défaut
Comme cette petite femme que je croise plusieurs fois par jour
Elle se rend à l’arrêt de bus qui n’existe plus depuis si longtemps
Pour y attendre son fiancé…
Plusieurs fois par jour, par tous les temps, de très tôt à très tard
Elle retourne inlassablement les pages du même livre
S’y retrouve à la même page, à la même ligne
Là où son fiancé la rejoignait
Il y a des dizaines d’années
Elle se maquille sommairement, se prépare à la rencontre
Et repart dix fois, vingt fois par jour
A la rencontre de son amour qui la rend si vivante
J’entends souvent qu’elle serait mieux dans une maison spécialisée
Mais j’aime croiser cette femme aux rides qui se déplissent
A chaque aller et venue vers la gare routière
Elle porte sur elle une histoire inachevée
Un petit gilet sans couleur précise
Et une démarche d’adolescente rejoignant son chéri
Elle porte en souriant une douleur terrible
Celle d’une mémoire qui impose la jeunesse, sa jeunesse
Alors que René est mort à la dernière guerre.
J’ai parfois envie de pleurer
Tellement ses trajets sont dérisoires
Vers cet amour qui est toujours sur elle, posé comme un papillon
Elle me rappelle à chaque passage
D’inscrire dans ma mémoire
Que l’on peut sauter les pages d’un livre
Mais de le garder précieusement sous son bras
Comme le bras de celui
Que l’on a tant aimé.
20:03 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)
03/05/2014
Les EAUX de MARS
Imagine en brésilien dans une rue de Bandol
Le soir de la fête de la musique
dans une ruelle sans nom
18:25 | Lien permanent | Commentaires (0)
02/05/2014
Nost-algie
première année de médecine à Tours
Il y avait Vincent et toi Philippe
Vincent tu m'as appris à jouer de la guitare
Philippe nous refaisions le monde, chaque jour
C'était curieux cette complicité
nous étions si différents et si proches à la fois
Il y avait ces deux concertos de BACH
Nous aimions surtout le premier mais c'est le deuxième que j'ai choisi...
cette pochette bleue, je j'ai ouverte des centaines de fois
Je crois sincèrement que nous avons réussi grâce à cette musique
Non je vous mets le premier
ce serait injuste sinon
Et pourtant à l'époque j'étais un fan de King Crimson
des Beatles bien sûr et de Crosby, Stills Nash and Young
mais aussi de Bertin, Ferrat, Brel, Ferré et Brassens
et tant d'autres...nous ne rations aucun concert.
Bon c'est juste pour vous faire écouter
les papiers de ma mémoire
qui s'envolent au vent du Sud.
15:40 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5)
30/04/2014
Ab - Sante
Je n'écris plus depuis un bon moment...
Plus envie peut-être ou plus capable
Plus rien à dire sans doute
Tout est dit...
Et pourtant rien n'est dit
qui ne soit une étincelle dans la nuit
une fulgurance qui réveille le jour
et les ombres s'illuminent...
Je m'aperçois que malgré ce silence
cette absence...50 à 100 personnes passent chaque jour sur mes mots
pardon, les mots que j'aligne
alors je me dis que je ne peux pas rester insensible
je ne le suis pas d'ailleurs
j'apprécie ces visites et je sais que certains
attendent une lettre, un signe, un mot
alors je vais refuser ce silence
soyez patient
ce n'est pas comme le vélo
on y perd son âme parfois
En tous cas, je vous aime...
17:32 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)
31/10/2013
Divagation
J’ai toujours beaucoup regardé les murs de ma chambre lorsque j’étais petit. J’y voyais toutes les angoisses de la vie s’y révéler dans un morceau de tapisserie déchirée. Je devrais dire les murs de l’unique pièce à vivre. Les murs comme une seconde peau où se regarder grandir. D’ailleurs je n’ai jamais appelé ça un appartement. C’était une partie d’un ancien couvent avec un placard à charbon. Personne ne m’a jamais enfermé dedans, à part moi pour m’isoler et rêver. Mon lit entouré d’un cosy des années cinquante était mon seul refuge. Je vivais avec mon grand père et ma grand-mère avec des souvenirs d’avant l’avant. Le frère de mon grand-père mort à 34 ans en sautant à cheval d’un pont de la Loire, Le départ à 14 ans de mon grand-père pour la marine à Marseille. Des tas de petits cailloux enveloppés dans du papier de bonbons à savourer avec parcimonie quand l’absence réveille les souffrances d’enfant.
Le temps n’avait pas bien vieilli
Il n’avait pris aucune ride
Mais il sentait pourtant la naphtaline
J’y croquais le bleu des rêves
Avec l’insouciance des enfants de pauvres…
De quelle époque étais-je ?
Où étaient mes racines ?
Particule non identifié brûlant l’eau salée des grandes marées
J’avais renoncé à la souffrance très jeune
Certes, elle m’a bien rattrapée
Mais je l’ai domptée de nombreuses années
Mes mystères me sautaient à la gorge
Comme un repas mal digéré, un réveil du dimanche trop matinal
Une brise du large qui ne s’engouffre pas dans les cheveux
Une ligne d’horizon qui nous échappe inlassablement
Qui abolit les perspectives
J’étais triste et heureux à la fois
Cette ambivalence charnelle
Qui dévore toute imagination
Tout projet
Impossible de me projeter dans un quelconque avenir
Y avait-il un avenir, d’ailleurs
Un faux semblant où l’on s’évertue à laisser trace
Quelles traces ont laissé les hommes
qui méritent de vivre uniquement par procuration
Notre imperfection est criarde
L’injustice ne fait plus pleurer que les enfants
Le soleil était toujours trompeur à la terrasse du « café chaud » où nous refaisions le monde. Depuis le monde va plutôt plus mal et nous, nous mesurons notre réussite mathématiquement, numériquement sur un modèle oublié, dépassé qui sent la révolte. J’ai une envie de jouer au « flipper » dans le café du centre avec Raphaël et les trois petits cochons. Une rencontre insolite, imprévue…de celles qui vous font croire que tout est possible. Merci RM.
Et pourtant je reste intraçable… scorie d’un passage qui ne dérange même pas les feuilles mortes.
11:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)