30.03.2008

fausse reconnaissance

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(Peinture de Bleuzen)
Quand on passe si près de soi-même
Les vents du désert ne comblent plus les dunes
Exsangues de Gao à Tombouctou
Je trouve ma route même dans les vents de sable
Du Ténéré où je me perdais jadis
Les odeurs me guident et m’imprègnent
Comme un chien cherchant chemin
Mes pas dans le sable me  paraissent étrangers
et le soleil a changé d’horizon
quand on passe si près…
on ne reconnaît plus les gens
on ne se reconnaît plus
le dérisoire et l’abscons
M’envahissent inutilement
au point de souhaiter quitter ce cauchemar
coudre les paupières du réél
se laisser aller à l’écoute
non des mots
mais des silences sublimes
des terres noires et des rivières
des souffles et des sécheresses
des craquelures des corps
des épisodes cicatriciels refoulés
s’écouter peut-être
aussi
enfin se dire
que toute vérité est en soi
si on sait tendre l’oreille
hypertrophiée de nos origines
peut-être alors se (re)trouver
dans le compte à rebours de la vie

29.03.2008

Le Dormeur du Val

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( dessin de KLA)

 

Un trait de graphite strie le ciel                                              un cri peut-être

Une vague de silence vrai

                                         « dans le cresson bleu »

Transforme les herbes frissonnantes

En lames acérées et tranchantes

                                          Le vent s’est tu

Et plus rien ne court sur la page blanche

Qu’un trait arrêté

Comme une apostrophe

Sur une main raidie

Un accent de solitude

Aux rivières des tempes sèches et froides

Les pensées s’arrêtent là

Enormes insignifiantes

La rature de la vie égratigne

Même ton sourire

Tu ne pleures pas

Tu te souviens de la mort

Et ta main glisse sur le papier

Pour redonner vie à l’espoir

 

27.03.2008

Douleur exquise

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(tableau de Guillaume POUPARD, KLA)

Craquelures visibles

De  notre incomplétude

Je polis désespérément

Les contours de l’inavouable

Pour lisser notre rugosité

Les aspérités de la vie

Sont lisibles sous les encres

Superposées, stratifiées

Les traits écrasés et masqués

De la répétitivité de ton geste

Insistance des maux

De notre esquisse primitive

Ton travail n’estompe

Pas le possible

De la réparation

Et de l’accomplissement

 

26.03.2008

Terres Avides

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Je suis de cette violence

Qui redresse les herbes couchées

Le vent est mon allié

Et nous caressons ensemble

Le sourire improbable des pierres

La pluie se confond avec nos larmes

Et pourtant nos blessures

Sont invisibles, ensevelies

Craquelures vivantes des terres arides

La douleur ne nous fait pas peur

La tendresse nous affole

Nous sommes d’un autre monde

D’un autre temps

Où la rime fissure l’ombre de la peau

Je me ride à tenter de me soustraire

A l’insoutenable

Et l’insoutenable est humain

La permanence d’un cœur respectueux

Ne s’apprend pas dans les livres

Ni dans les rêves improvisés

Des croqueurs de biens

Rien ne nous appartient

C’est la seule vérité

Qui mérite de dissoudre  la nuit

Et d’inventer des réveils

Où le sol ne se dérobe pas

A nos regards offerts

Nous sommes intempérants à la vie

Et notre révolte détruira

La médiocrité des bien pensants

Nous ne sommes pas quitte

Avec le pouvoir

Nous le combattons

 

24.03.2008

Como Tu


Petite pierre qui ne servira même pas pour une fronde

petite pierre qui ne servira même pas pour un chemin

pauvre petite pierre

de la sobriété à la pureté du style

la poésie de la terre

celle qui ne sent pas le déodorant et l'édulcorant

jl

23.03.2008

Dans l'Exil

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Je t’aime   
Sous la patience des pierres
la parole gelée des nuits blanches
La paupière fragile des heures
Dans la nudité du matin
Sous le fer des interdits
Dans le fracas du rêve
Aux neiges de silence
Aux plaies du désert
Dans la brulûre
Dans l’exil



Ile Eniger, La parole gelée, Editions Cosmophonies

 

Chaque matin

 

Je ne reconnais plus les berges

Sédimentées de ma colère

L’infime intime qui raidit mon échine

Et donne à un mon regard

Un dixième d’avance sur ma mémoire

Je suis devenu maladroit de la vie

Par quel courant me laisser porter

Quel estuaire aborder où

Je me reconnaîtrais

Du bout du bout des doigts

Je ca-resse l’invisible

Je largue les amarres des images et des sons

Pour retrouver un ciel vieilli par la nuit allongé méconnaissable

De ces ciels qu’ont ne devine même plus

Tellement croire nous permet de rêver

Je ne rêve plus

J’ai été touché par la grâce

Et c’est pour moi devenu une illusion

On m’a coupé quelques racines

Celles qui m’auraient fait mourir

Mais qui étaient les miennes…

Il me faut réapprendre la vie

Comme un enfant révolté et fou

Qui n’en fait qu’à sa tête

Réapprendre qu’avoir peur

Est une nécessité

Que le matin

C’est chaque jour

 

22.03.2008

BERTIN

 

Te souviens-tu Phiippe????

je ne sais combien de fois nous sommes allés voir

Jacques Bertin pendant nos études

Il nous a soutenus sans le savoir

et nous l'avons aimé tant et tant

"Le disque tourne à vide....."  cliquer pour lire le texte sur frenchpeterpan

BRASSENS

 

Je ne pouvais pas t'oublier

toi qui m'as accompagné si longtemps et m'accompagne toujours

c'était avec toi Philippe que nous étions allés le voir

à Tours dans ce cinéma de verlours rouge en  1973

où nous nous étions battus pour obtenir quelques places

déjà toutes prises avant l'ouverture

et là ce fut

une soirée mémorable

avec un homme qui souffrait

mais qui a donné tant et tant ce soir là

nous étions au premier rang,

Zenith E à la main pour ne rien rater de ce moment historique pour nous

il nous a donné un récital à la hauteur de l'homme

j'ai toujours les négatifs

que je n'ai jamais développés...

20.03.2008

JEAN FERRAT à mon grand père

-J’ai découpé la route

 

Maintes fois entre Annonay et Antraigues

Pour halluciner ta présence illusoire

Mais forte de terre et de châtaignes

Ta voix  cet horizon impétueux et tendre

Qui me tend du frisson des bourrasques

J’ai croisé quelques fois ton regard

Sur la place du village pendant

Une partie de pétanque avec Albert et bien d’autres

Il y a des années que je veux te dire

Et je veux te le dire tant que nous sommes là

Te dire combien tu m’as accompagné

Dans mes rencontres avec la terre

Comme des mains tendues qui n’attendent rien

Des regards qui cisaillent le ciel

Et s’attardent sans raison sur les herbes rouges

Combien tu es toujours présent

Quand la matinée se lève et que

Je ne peux regarder le cadran de la montre

Sans que l’émotion suspende le temps

Et l’espace d’une seconde, je suis avec toi

Vraiment…presque palpable comme un muret de pierre

Tout juste refait

Un verre au comptoir qu’on partage

Dans un silence sacré

Un regard qui en dit aussi long

Qu’un balbutiement maladroit et inutile

Un mot quand même que tu ne liras sans doute pas

Un mot que je t’aurais dit malgré tout

Avant que le vent balaye les émotions encore présentes

-« Je t’aime »

 

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