02.01.2010
Palabres
J’entends encore
Mes éclats de pleures
A regarder cet étranger
Si étrange
Qui n’était que moi même
Et qui pourtant me paraissait
Si différent
Revenant d’un voyage
Que je n’avais choisi
Dans aucune brochure
Et qui m’a emmené
Plus loin que tous
mes rêves ensevelis
dans un fugace moment de réflexion
le temps s’était arrêté
pour me laisser
me reconnaître
ré habiter le monde
des humains
que j’ai toujours tant de mal
à comprendre
et surtout à aimer
(il doit s’agir de moi)
plus de deux ans déjà
et ce matin je me suis croisé
dans ton regard
ami
qu’on t’a enlevé
dans une douleur
dont l’écho
a réveillé les larmes
de mon cœur
fait palpiter mes yeux
les lames de l’oubli
et nous avons parlé
longtemps
parlé de cette douleur
inhumaine
et sereine
qui l’espace
d’un instant nous rappelle
à la horde
à l’instinct
sauvage et unifiant
presque semblable
aux embrassades
des vœux de nouvel an
que je partage ce jour
avec tous ceux
qui ont fait ce voyage
d’une façon ou d’une autre
et qui gardent la trace indélébile
de leur reconstruction
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24.12.2009
J'ai peur

Ombre de Fête
Ancrée dans les sinuosités
Tactiles des rides de nos souvenirs
De jeunesse
Je reste un trait d’union
Un point de suspension
Entre le rêve qui t’agite
Et la métamorphose du désir
Qui épaissit nos voix
A les rendre charnues
(j’allais dire charnelles)
Je suis de ce pays
Qui transporte les voix
Transporte les émotions
Dans les futaies humides
Des matins brumeux
De ce pays qui dissipe
Tous les malentendus
Et laisse nos corps aphasiques
Jargonner l’indicible
Alliance illégitime
Avec la terre qui nous porte
Nous supporte
Et nous emporte
Je suis de ces ombres
Qui te révèlent au monde
L’espace d’une parenthèse
Dans un temps qui se dilate…
Je suis enfermé
Dans les jardins gelés
Du parc Monceau
Ma mère n’est pourtant pas loin
J’ai peur
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16.12.2009
Ombrage

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25.11.2009
Tanezrouft
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19.11.2009
Ebauche

J’ai enfanté le silence
Une voix de braise
Aux écorchures de sève
Pénètre insidieusement
Ma mémoire infantile
Sondant mon amnésie
Je me rapproche de moi
Je me souviens du rien
Qui modelait tout
Du tout qui m’appartenait
En rien
Hallucination du passé
Toujours présent
Je scarifie
Le squelette
De mes peurs
Dépassées
La vilaine balafre
Du manque
Se perpétue
A l’infime
D’un réveil
Répétitif
Contaminant
Le premier mot
Que mes lèvres
Ont porté
Assaillant
Vacillant
Etrange épreuve
De la tentation
D’exister
Le silence pour le dire
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08.11.2009
Retard

Mémoire de terre et d’eau
Mémoire engloutie sans le savoir
dans le s’avoir limbique de nos émotions
Mes moires de mon enfance
La peau des pierres écorchées
Qui nous murmure à l’oreille
L’aube des rêves fécondés
Que nous ne ferons jamais
Les rives de nos sables qui infiltrent la mer
Pour inventer des îles
Où ne vieillirons pas
Le soleil accroché au ciel
Comme dans un dessin d’enfant
Il est en haut à gauche
Mirage soutenant le temps
Imperturbablement
inéluctablement
Pour nous faire croire
Que nous avons grandi
Comme il le fallait
Les mots dans la bouche
Désir erroné masqué de se parler
Quand personne ne sait
Qui l’a construit
Qui nous construit
Et ces odeurs de terre
Familières et inconnues à la fois
Qui habillent nos pas incertains
Vers la fuite originelle
Rencontre quotidienne
D’une image façonnée
Par mille regards échangés
Celle des matins de jasmin
encore transi par la nuit
quand à la radio on commémore
la chute du mur de Berlin
je suis déjà en retard
je suis tout autant en avance…
en avance...avance...
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01.11.2009
Tout ce qu'on se dit
Tout ce qu’on se dit
J’ai fini par céder aux injonctions répétées de ma fille, j’ai lu Marc Levy.
Certainement le désir insoupçonnable d’être un père à l’écoute, pas définitivement ringard.
Surtout ne pas couper ce lien fragile qui nous unit…
Cette fine toile d’araignée tissée par la rosée du matin qu’une goutte superflue met en péril.
Essayer de repeupler cette surdité de ton enfance
Cette amnésie essentielle – sans doute – pour pouvoir te permettre de t’éloigner de moi…
« Se pouvait-il que cette vie qui t’avait fait si mal ait préservé chez toi les rêves d’enfants que nos libertés ont étouffés ? »
Ce rêve d’horizon de folie
Cette mémoire oubliée
Où naissent les enfants
15:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
18.10.2009
Intitrable

Comment rassembler ces odeurs de marée
Et les mots qui m’ont forgé autour du flipper
du bar du centre avec toi Raphaël, fagoté de ton agrégation toute neuve en Lettres classiques et de ton polo sans teinte dont il ne manquait pas un bouton…
Aussi ce petit professeur du collège du commerce
Qui m’a donné toute sa confiance
Et son regard complice quand il montait dans son immense Volvo grise démesurée et pourtant pas assez grande pour lui…
Comment réunifier ces souvenirs d’enfance
Qu’un écart de vie a bousculé.
Rupture annoncée d’une plongée charnelle
Mes larmes dans la brise réfrigérante des interminables avenues Tourangelles
Quand toi grand père tu es parti
Comme une trombe d’eau
Toi si présent de force douleur encore maintenant
Comment raccommoder ces éclats de vie intenses
Illuminés de présence palpable et rare
Quand l’insignifiance te poursuit jusque dans tes émotions les plus intimes
Comment ne pas s’accrocher à ce miroir brisé de l’enfance
Clivage incessant d’une vie qui se reconstruit
Episodes tranchants de souvenirs qui s’articulent
Comme un semblant de mannequin désarticulé mal recousu
Toi, François avec qui nous avons dévoré tellement
toute notre adolescence pour devenir étrangement si lointains
Toi, Marc qui me lie à la rue des Chardons et ses « papillons blancs », à ton père et à la maladie de sachs
Toi le fils du notaire dont j’ai oublié le nom qui peignait des Dali mieux que lui avec une lueur de folie nécessaire et déconcertante.
Toi Philippe, avec qui nous avons mélangé nos vies pour sortir la tête de la pauvreté et tellement été complices
Comment rassembler mes peurs infantiles
Celles de quinze années de combat singulier
Un tour du monde sans photographies
Où les rencontres avec soi-même n’étaient pas toujours éloquentes et soyeuses
Peurs volatiles comme la disparition de Paul sur son bateau
Quelque part entre Caraïbe et métropole
Désir d’île ancré dans ma chair
Dermatose purpurique de mes nuits noires
Langage décalé d’un monde où la parole n’existait pas
Pour ressentir ce que jamais nous ne pourrons dire
L ‘éveil au monde est un chemin de voix
Sculpté entre anéantissement et dissolution
Vivre ou mourir un combat de chaque instant
Dont nous ferions bien de nous souvenir parfois
Mon cri de silence autiste vous répète inlassablement
De revenir à l’essentiel
Ce silence qui nous forge
Nous élève à l’humanité
Ne soyons pas inhumain à l’homme pour échapper
A notre propre réalité d’hommestiquée
Osons la faiblesse et la peur
Osons le silence et la colère
Osons être ce que nous sommes
Des dépendants de la vie
Des pendants de la vie
Des
Des
Et encore
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09.10.2009
Déplier le bonheur
Il fallait rêver d’une envolée
D’une absence définitive
D’un souvenir d’écorchures aux genoux
Des moments inspirés où l’on se sentait invincible
Il faut bien se réconcilier avec cette terre coquelicot
Renoncer aux odeurs de thym et d’argile humide
Préserver ces regards et ces mots qui vous construisent un squelette
Unique
Au risque
De naître pour rien
Dans cette absente absence
Un souffle de vent à peine ébauché
Une larme qui renonce à couler
Une paupière qui n’en finit pas de parler
Un sourire qui se dévoile et inonde le monde
Un voile enveloppant de tendresse
Un désir
Déplié sur le cœur
Comme un mot doux l’oubli d’un glissement de bonheur
Décaler le regard
Jusqu’à entrevoir le silence
Vous crever la voix
20:46 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
20.09.2009
Replis d'horizons
J’ai rêvé des replis d’horizons
Qui cachent si bien le soleil couchant
Et tous mes regrets d’infini
Quand je repousse cette ligne
Au firmament des étoiles de mer
(J’ai traversé la chine très vite
Pour ne pas engourdir mon sourire)
J’ai laissé mes yeux rencontrer la mer
Comme on aime une femme
A les plisser de douleur parfois
A les dilater aussi de partages
A froisser mon sourire
Des larmes des autres
J’ai troué mon cœur
Des mauvaises herbes
Qui ne meurent jamais
j’ai regardé les vagues répétitives
à en oublier la puissance sauvage
qui me nourrit chaque jour
du souffle amer des sirènes
du plancton échangé avec les baleines
je suis comme ces femmes de pêcheurs
qui regardent l’horizon
sans voir l’océan
parce qu’elles savent
que les reflets du soleil
ne sont que des cris d’amour oubliés
qu’elles n’ont pas eu le temps de leur dire
pas eu le temps d’entendre
mais elles savent
08:59 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


