04/03/2025
Sculpter la Terre
Actuellement je n'écris plus
La terre était déjà très présente dans mes écrits
Là du coup je me suis mis à la toucher, la penser, la regarder et peut-être la sculpter...
ou peut-être lui parler
J'ai beaucoup aimé
(En voilà un aperçu)
21:58 | Lien permanent | Commentaires (2)
17/05/2024
Petit poème d'âme...
Il y a des matins
Il y a des rosées où les femmes sont belles
Belles à en dissoudre le jour
Et où elles se glissent chaudement
Dans les contours émerveillés de mon regard
Je vois l’invisible de leurs gestes
L’inconnu de leurs désirs
Je suis de tous les bouts du monde
Et je peux me convaincre que
C’est d’une femme que vient le feu
Quand je peux te donner les rives de mon sourire
Et à force de poèmes
Je franchirai les mers
Autant de rêves que le vent n’efface pas
C’est la seule vérité qui coud les paupières du Réel
11:32 | Lien permanent | Commentaires (0)
28/03/2024
Entre-Mot
(Peinture de M Suret-Canale)
Je te donne
Les revers de l'amour
Les restes prononçables
Le sillage des femmes
Entre elles
A la césure de mon émoi
Des mots pour rêver
Et plus encore
Loin des désirs sourds et invisibles
A l'orée des forêts bleus
Parturientes de la mémoire
Comme un sauvage
Poser ma tête sur ton ventre
09:56 | Lien permanent | Commentaires (0)
11/03/2024
Maternité des Anges Terre de ma naissance
(Encre des Terres noires - Paule Riché)
Adossé à mes rêves d'enfants
écolier sans école
effronté aux berges du savoir
Un buvard posé sur la bouche de la nuit
Nous nous réinventons un ailleurs sans épines
Lisse comme une aube nue
un baiser du vent encore incertain et félin
Un instant déposé sur les lèvres d'un ange
pour enfanter nos chagrins et nos rêves passés
Croire en la transparence de l'émoi
Le réveil des sables noirs
est ainsi traitre
à nos pieds
Déjà il forge l'aliénation
de nos croyances
Libre et serein
j'ai déposé un enfant dans tes yeux
A la maternité
des regards
j'ai engendré ton sourire
Sable sensuel des miroirs
La terre n'appartient qu'aux
grimaces de la nuit
La terre n'appartient qu'aux mains
qui la travaillent
Poignée de terre
Qui invente l'horizon
10:24 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)
01/03/2024
Comme toi, il changeait la vie
(Une pépite, King Crimson)
à RM, Mlle Peyre, un petit prof du collège du commerce(XV ème) qui avait une grosse Volvo, cette belle femme que je croisais tous les jours en allant au lycée et que j'aime toujours... à tellement d'autres...qui ont été là pour moi volontairement ou pas.
Je croyais que c'était pour la vie
Cet attachement excessif à mon île
L'acte manqué de mon exil
Les scarifications du sommeil
égaré la peau des larmes
les vestiges des profondeurs
qui révèlent la structure insolente des rides de la peau
comme autant de ratés de malentendus
Une plongée sans retour
des chemins que je n'ai pas su prendre
des chemins où je me suis perdu
prolongé par les limons de ma cécité
traverses prises de travers
où j'ai égaré ma foi
pour préférer la Voix
pénétrable de mes collines
Le regard acéré des montagnes
Le sourire du ventre des femmes
rouleaux de l'océan matrice cicatricielle de ma naissance
Et ces souvenirs d'hommes décisifs
collusion immanquable de mes émois
dans la rencontre des mots qui font grandir
l'absolu silence de l'intimité du regard
comme aimer l'Un-possible de nos réveils
d'adolescent.
20:43 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)
26/02/2024
Retour d'Isles
(Photo JLG Bretagne 1980)
J'écris sur les pierres
Invisibles
Indivisibles
Du Rêve
Je partage l'élan acéré
Sacré
Des replis du vent
Et même
Si je frotte mon cuir
Dans l'encadrement des fenêtres
Je ne séduis
Que les restes de l'amour
Vivant
Je me nourris aux chutes
Des reins des femmes
Car
L'heure n'est plus au leurre
ni aux pleurs
Je me berce
Aux poussières
Scintillantes
De vos doutes
Afin d'exister.
Je suis un Cri strident
Enseveli sous la lave
de l'île
Je suis ta main striant
L'espace de
Nos vingt ans
Je suis un reste des Hommes
(J'imagine sans lassitude Patrick Chamoiseau me dessiner son île)
(janvier février 2006 sur Skyblog)
17:07 | Lien permanent | Commentaires (0)
19/02/2024
"La lenteur, le mode le plus rapide pour atteindre l'essentiel" (Titouan Lamazou)
photo Kreiz er mor
Frottement de matin nu
J’ai voulu soulager la souffrance des corps, j’ai effleuré des reflets de l’âme qui ne parlent pas mais illuminent de leur présence charnelle notre propre tranche de solitude.
C’est un jour sans commentaire où le réveil se frotte à la nuit
Strate inviolée du sommeil
Dans les plis, replis de ma voix, la matière fait présence
À l’à-pic de ton oreille, me dérouler pour te parler sans mot et sans voix
Juste éclat minéral d’un silence qui prend corps
Comme un radeau qui se plie et combat la houle échevelée verte luisante et assassine
Où le sourire des femmes enfante la crête des vagues
Et révèle le chagrin des hommes
L’effacement de l’ombre des chrysocolles
[Épave de nos doutes]
Il y a d’abord la voix puis l’écrit vociférant qui nous parle puis nous chuchote les mots à venir
Pas intérieurement,
Mais comme le passage incisif du vent au cœur des roches
Miroir de faille aux tempes des brasiers
La pierre ourlée déroulé de notre savoir s’impose en caractères gras
Graphite illicite d’un corps à corps sensuel avec l’amour
Dans sa rondeur oblitérant le désir
A la cuisse du vent, le toucher fait écho comme caresse…égratignure, blessure à l’orée du murmure
Se décider enfin à capter la lumière sans être ni pur ni séducteur
Pour finir, dompteur de pierres qui n’altère pas les larmes de la nuit
Des vagues muettes et rondes m’ont enfanté un jour de grande marée
J’ai ainsi échappé aux rouleaux de l’océan
Les mouettes piaillent et l’indicible écho de leur cri traverse le regard pour oublier la mort
La mer a convoqué ses cheveux d’écume
Pour m’envelopper de rêves marins
J’ai dans la gorge le parfum viril de la marée
Du retour de pêche
Dans la brume et l’odeur de pain grillé
Les sirènes amoureuses m’ouvrent leurs longs bras
J’ai dans le cœur la fureur des algues
Et dans le ressac un retour de flamme du savoir
Qu’on ne sait pas dompter
Et des mers sans horizon
Des rivages débordants
Des mains de marins qui se tendent comme des sourires
Et boire au café du port le vin chaud des naufragés
Le rire suicidaire de la mer qui gonfle nos paupières
Bois flotté de ma mémoire
Réveillé par la voix douce du petit matin
Caresse du vent sur les pierres
J’ai déclaré l’amour à la pierre
Matrice féconde de la parole
Un coquillage sur chaque oreille
pour entendre
17:13 | Lien permanent | Commentaires (0)
16/02/2024
Ecrire
-Je me laisse aller à l'écriture
comme si ça devait se détacher de moi
surtout ne pas m'appartenir
être le prolongement de ce que je ne suis pas
quelque chose d'impensé, indécent
et qui pourtant me brûle les doigts
comme si ça se détachait de moi
de mes mains qui scrutent le ciel
de ses pulpes éblouies
un silence de mots qui n'assourdit que toi
une caresse terrestre
qui se lit et se devine
un espoir de faire
plutôt que d'être
un rire que seuls les enfants comprennent
voilà ce que je n'écris pas
Texte écrit le 16 février 2008 non repris...
08:55 | Lien permanent | Commentaires (0)
15/02/2024
Les sans ciel
Livre de peaux sculptées
Graveur de rêves Passeur de souffle
Je suis là à l'échancrure de ta présence
au juste moment
de la parole
A l’acmé de la renonciation
Il n'y a rien d'essentiel
ni rien d'insignifiant
Tout est présence ordonnée
à l'ourlet de ton cri
ou l'impatience de l'amour
tendre résonance
Loin des jacasseries d'un monde éloigné
Le feu est plein nos mains
dans nos cœurs l'herbe pousse
Et ton regard s'enfuit déjà de moi
Triste répétition insistance du désir
Et ton absence qui me fait vivre
Souvenir d'avant les mots
Rédemption du savoir être
avant l'exode de l'avoir
qui nous tient debout
Je suis fier de t'avoir croisé(e) rencontré(e)
sans guenilles d'artifice, présente à toi-même
Dans un temps qui articulait encore les souvenirs
comme l'être là
de demain estompé et vivant
jusqu’à l'après demain
en attente
Rythme simple épousant la vie
09:28 | Lien permanent | Commentaires (2)
05/02/2023
Les mots ne disent rien...
(peinture acrylique KLA Guillaume Poupard)
Mes mots ne disent rien
de la traversée de moi-même
Ils me traversent
Et là parfois, ils se voilent de racines et de terre
et parlent à quelqu'un d'autre
sans que je le sache
sans que je perçoive cette étrange fulgurance
d'une rencontre à épeler
peut-être même à parler
Les mots m'échappent
et un souvenir renait
comme pour faire place au silence du bavardage...
Ce soir j'ai envie de me maquiller
comme pour rejoindre ma mère lorsque j'étais petit et que j’usurpais son maquillage et ses bas nylon, quand elle sortait tard le soir et que ma peine se dissimulait mal sous les odeurs et la grâce de ces attributs.
Mes mots étaient restés muets
et je sentais l'évidence de la solitude
de celle qui vous parle au creux de l'oreille
souffle chaud
pour donner consistance à l'absence
peut-être
et vous apprendre à aimer.
23:02 | Lien permanent | Commentaires (0)
29/01/2023
Simple RETOUR
(Photo Jean-Luc De Laguarigue
Martinique)
Je fais retour ce samedi 29 janvier 2023
jour parmi d'autres qui n'évoque rien pour moi, pas même un souvenir passé.
Depuis des mois, peut-être même des années, je me suis éteint sur ces pages que pourtant, j'aime tant. Pas tant par les mots que j'écris mais bien plus par les rares échanges qu'ils suscitent.
Je suis en bordure de moi-même et je me dis que je dois tenter quelque chose pour faire revivre en moi ce dont la nature m'a privé en partie et une sorte de refus personnel à me projeter, ces dernières années. Je n'ai oublié personne, me semble-t-il et même si c'est le cas, une odeur, un geste, un mot, un sourire sauront faire vibrer quelques élans océans.
J'ai parfois, souvent, le tremblement d'un de vos mots, le souvenir lointain mais palpable de votre présence. La saveur d'un souvenir qui renaît, souvenir que je n'avais pas avant et qui ces derniers temps vient bousculer une mémoire juvénile. Le sourire de mon grand-père, une bise aimante de ma grand mère comme pour dire qu'elle ne m'oubliera jamais. Ces choses oubliées qui reprennent une consistance qu'elles n'avaient jamais eues. Ce curieux phénomène qui laisse à penser que la mémoire prend maintenant d'autres chemins plus ou moins inconnus de moi-même et qui me font découvrir une autre facette de ma fragilité.
Pour aujourd'hui, j'en resterai là. Je demande à l'écriture de se lever, de m'habiter, de me faire grandir.
JLG
16:14 | Lien permanent | Commentaires (2)
02/05/2021
Sans retour
Déchirer le silence
Et s’abandonner au réveil de la langue la transpiration du cri
Ne plus se soustraire à la lecture des corps lésion imprévisible du sommeil
Prendre à la lettre l’écriture des caresses les rimes du temps traversent les océans
Et pouvoir dire comme l'enfant :
...perdues mes dents de "laine" rafale épuisée de silice
et rêver comme on pleure:
Ma mère ne m'abandonnera pas...
J’ai pourtant rêvé les "câlines" de vampire les crocs du langage
Apprendre à tout parler
Dérouler l’ourlet cicatrisé de ton oreille
Pour que quelques mots agencent matrice le réveil de l'oubli
Insensible et présent
comme longue attente
Articuler l'aurore de nos nuits une herbe dans le cœur
L'île est longue et impénétrable bagne du sourire tes gestes multiplient le rêve
Pluie de caramboles sous nos pieds renversés racine incertaine
D’une terre noire souterraine résilier le bail de l’offensive du savoir.
De ses mains naît le sourire
De ses yeux la langueur des plaintes
Il est illusoire de croire au blasphème. Rien ne se répand plus que le désarroi des hommes. Il y a des cœurs exilés au-delà des mers. Juste retour des indignés.
De sa bouche jaillit le cri
De ses mains s’ouvre l’attente
Le soleil ne croit plus au réveil de l'âme
09:01 | Lien permanent | Commentaires (0)
30/04/2021
Corps
(Affiche imprimée à Grenoble après la confection de la fresque de la bouse du travail vers 74-76 pendant mes études et la réalisation d'une litho sur le bruit au travail.)
Petit retour en arrière, février 2020. De chez moi jusqu'en Avignon, dernière exposition fréquentée sur les traits de crayon et les pas de Ernest Pignon Ernest. Envie aussi de faire partager une ancienne expo de 2006 à Serres avec Guillaume Poupard.
http://www.francopolis.net/creaphonie/PoupardGastecelle-o...
18:22 | Lien permanent | Commentaires (0)
29/04/2021
Envol
Dans le haut vol qui m'emmenait vers une autre parole, la distorsion de la pensée a fait son œuvre et laissé les scories parlantes du manque du mot
juste équilibre pour expérimenter cette différence vivante du reste.
21:49 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)
Poivre aux yeux

Je suis un graffiti en transhumance
Une éclisse plantée dans la chair
Je sors sans âme ni sourire
Humain in-humain
Ou l’inverse
Je me chausse de vos parcours tourmentés
Au « poivre bleu » de vos yeux
Vous êtes parfois la caresse
Qui me fait exister
vibrer
Et me souvenir du bonheur
Irisé de mon amnésie volontaire
Des vapeurs de cendres froides sur la pierre
un éclat de silex au bord de la paupière
Je m’humanise en me désocialisant
Je suis une pierre dans vos chaussures
Un charançon dans votre pitance
Je ne rêve que de votre volatile insolence
Une révolte qui nous régénère
Je voudrais être votre cri
S’insurgeant contre l’illicite
Pouvoir des hommes
16:33 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)
Briser
(Photo JLG Afrique 82-83)
J’ai assoiffé les rivages de ton cœur ardoise de mes insomnies
Et ouvert les grands cils de la nuit
Pour sentir vibrer l’insondable
J’ai décousu l’aube de tes lèvres perle de pluie
Pour crier que nous sommes vivants
Longeant les murs blancs infinis infiniment blanc
Des regards saisissants qui ne se croisent
Pas par hasard
Profitons de l’injustice du bonheur graphe insensible
Pour ne pas éviter ni se plaindre
Laissons la nuit
Nous apprendre
Que le rêve
Est notre seule vérité lésion imprécise de la lune
Laissons le silence
Nous révéler quelque chose de la grâce
Dans son écrin muet
Je t’entends prendre soin de moi
Dans ton silence
Je t’entends m’écouter
16:06 | Lien permanent | Commentaires (2)
02/02/2020
Apparence
(photo JLG)
Ne rien dire
ne rien montrer
que l'apparente
transparence
de l'ombre
du
Réel
13:44 | Lien permanent | Commentaires (0)
02/04/2019
Ce n'était pas un Bon Jour pour mourrir.
(Photos JLG désert Algérien 1982)
Trace aveugle
Trace absente de ton départ
qui déplie sur ma peau le sillon invisible
de tes pleurs
de tes peurs
Absence ardente consumée aux lèvres
exsangues de souvenirs transparents
L'air est un parent qui ne se dément pas
palpable comme tes mains noueuses
accrochées à mon flanc
Trace invisible de ton absence
Trace illisible de ma présence
Tu laisses ton enfant, comme on se défait de son adolescence
Avec douleur
avec ce rire qui n'appartient qu'à toi
Rire ciselé dans la chair abandonnée
de tes vingt ans
Mémoire factice
Mémoire d'un matin sans réveil
Plage de rêves inachevés
Chevêtres incompris de ma démence
bouts de ficelle
timbres arrachés d'une lettre
quelques punaises rouillées
un coquillage usé
une pierre
un confiturier trop multicolore
devant de lettre de Fougères de 1952
Une odeur d'enfance toute en présence
quelques punaises dorées
une photo en barboteuse devant le Casino des Sables...
...Toutes les choses essentielles de nos vies
Tous ces détails insignifiants qui prennent sens
Tout et Rien à la fois
Le mirage étoilé de nos vies
Nos vies, ta vie maman...
15:55 | Lien permanent | Commentaires (0)
04/10/2018
Brouillon
(photo jlg "Pic de BURE" rêve d'Indien)
Un si petit espoir de rire
A l’ourlet de mon cœur
J’ai usé tous les mots de ma bouche
Comme les pétales arrachés
aux pierres rugueuses
de mes souvenirs
un si petit espoir d’écrire
frotté mes mots
aux sables métisses des rivières
Tutoyé les berges toujours vierges
De l’aphonie
Un si grand espoir d’aimer
Pour caresser entièrement
L’incomplétude qui m’habite
Réaliser enfin la trace infime de l’escargot
Bien plus éternelle que mon cri exophtalmique
Épuisé et poussif
Rencontré le désert d’un petit Prince
Où aucune Rose ne prend racine
Où le sable se dérobe sous les doigts
Comme des rêves d’enfants
Un si grand espoir de vivre
Qui ne tient qu’à un fil
Un rêve de vieillard
Qu’il ne fera plus
Acculé aux yeux de sa jeunesse
Un si grand désespoir de rire
Ne tenir qu’à un fil
Ne tenir qu’à un mot
Accroupi au visage sans fard des souvenirs
Un si grand désespoir d’oublier
Les cicatrices du sourire, celles du plaisir
et les quelques "Toi ma vie" qui résistent en moi
comme des tumeurs vivantes.
15:24 | Lien permanent | Commentaires (1)
14/06/2018
L'Aube est Lisse
L'aube est lisse sur le flanc de l'océan
Le soleil plante ses ongles délicats
J'ai oublié l'écriture illisible de mes nuits transparentes
(sans insomnie-sans sommeil)
la caresse dévoilée des sommeils sans lumière
j'ai le bonheur de tes mots donnés sédimentés dans les rides de ma mémoire
j'ai, sans incertitude, les larmes sucrées et longues
de la rondeur des femmes
de l'arrogance des hommes
j'ai ta bonté que tu as déposé comme un buvard sur des vers de Prévert
la vibrante présence du frisson tiède
de tes cheveux entre mes doigts
ces odeurs tropicales, ces odeurs de bagne aussi
que tu m'a légués comme un alizé interminable échoué sur ma peau
un mouvement de poignet lent et affectueux
une tape sur l'épaule
un regard pénétrant
Je ne me lasse pas de regarder la nuit
le monde comme un reflet inexact de l'égoïsme
je ne me lasse pas de regarder la mer
là où j'ai perdu tout espoir de caresse
Oppressé, serré par les eaux nourricières
matrice inféconde de mes nuits
je te regarde avec apaisement
que le monde est joli
sans tout ce fracas
cette beauté verte et bleu
bleu et verte
qui fait qu'on pose un doigt sur un autre dans un mouvement elliptique
presque méditatif
Comme quand on mange des cerises qu'on sait véreuses en fermant les yeux
Comme pour oublier effacer
il ne suffit pas de fermer les yeux
tu le sais
je le sais
et pourtant je le fais
Ne pas fermer les yeux
signerait déjà la fin de notre passage
la clairvoyance d'un été sans soleil
d'une rose sans épines
Les liserons ont envahi ma cabane de jeux
cette survivance
n'est pas côté en bourse et n'est pas productive
mais elle a dans mes yeux qui se plissent
la saveur désuète
du temps de ma jeunesse
nous faisons tout vieillir trop vite, trop trop vite
trop entassées de choses inutiles mais aussi indispensables
trop cru à la valeur humaine
humanisme quelle tromperie…surtout ne pas sombrer dans ce discours pessimiste inévitable, salutaire mais destructeur
au fond de moi, l’autre est un con que j’ai toujours respecté, pétri d’injustice, j’ai cru longtemps en lui….encore maintenant sûrement malgré sa petitesse…son insignifiante signifiance
Même les enfants à l'école le savent déjà
la cour de récréation
c'est la cour des embûches
Heureusement
il y a la pluie sur nous
qui tombe en bourrasque
et nous fait mesurer
la grandeur de l'arrogance
L’insignifiance de l'homme
Rature en bas de page
qui laisse trace volatile
pas même écrite.
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