23/03/2008
Dans l'Exil

Je t’aime
Sous la patience des pierres
la parole gelée des nuits blanches
La paupière fragile des heures
Dans la nudité du matin
Sous le fer des interdits
Dans le fracas du rêve
Aux neiges de silence
Aux plaies du désert
Dans la brulûre
Dans l’exil
Ile Eniger, La parole gelée, Editions Cosmophonies
09:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)
Chaque matin
Je ne reconnais plus les berges
Sédimentées de ma colère
L’infime intime qui raidit mon échine
Et donne à un mon regard
Un dixième d’avance sur ma mémoire
Je suis devenu maladroit de la vie
Par quel courant me laisser porter
Quel estuaire aborder où
Je me reconnaîtrais
Du bout du bout des doigts
Je ca-resse l’invisible
Je largue les amarres des images et des sons
Pour retrouver un ciel vieilli par la nuit allongé méconnaissable
De ces ciels qu’ont ne devine même plus
Tellement croire nous permet de rêver
Je ne rêve plus
J’ai été touché par la grâce
Et c’est pour moi devenu une illusion
On m’a coupé quelques racines
Celles qui m’auraient fait mourir
Mais qui étaient les miennes…
Il me faut réapprendre la vie
Comme un enfant révolté et fou
Qui n’en fait qu’à sa tête
Réapprendre qu’avoir peur
Est une nécessité
Que le matin
C’est chaque jour
07:52 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4)
22/03/2008
BERTIN
Te souviens-tu Phiippe????
je ne sais combien de fois nous sommes allés voir
Jacques Bertin pendant nos études
Il nous a soutenus sans le savoir
et nous l'avons aimé tant et tant
"Le disque tourne à vide....." cliquer pour lire le texte sur frenchpeterpan
11:36 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1)
BRASSENS
Je ne pouvais pas t'oublier
toi qui m'as accompagné si longtemps et m'accompagne toujours
c'était avec toi Philippe que nous étions allés le voir
à Tours dans ce cinéma de verlours rouge en 1973
où nous nous étions battus pour obtenir quelques places
déjà toutes prises avant l'ouverture
et là ce fut
une soirée mémorable
avec un homme qui souffrait
mais qui a donné tant et tant ce soir là
nous étions au premier rang,
Zenith E à la main pour ne rien rater de ce moment historique pour nous
il nous a donné un récital à la hauteur de l'homme
j'ai toujours les négatifs
que je n'ai jamais développés...
09:38 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)
20/03/2008
JEAN FERRAT à mon grand père
Maintes fois entre Annonay et Antraigues
Pour halluciner ta présence illusoire
Mais forte de terre et de châtaignes
Ta voix cet horizon impétueux et tendre
Qui me tend du frisson des bourrasques
J’ai croisé quelques fois ton regard
Sur la place du village pendant
Une partie de pétanque avec Albert et bien d’autres
Il y a des années que je veux te dire
Et je veux te le dire tant que nous sommes là
Te dire combien tu m’as accompagné
Dans mes rencontres avec la terre
Comme des mains tendues qui n’attendent rien
Des regards qui cisaillent le ciel
Et s’attardent sans raison sur les herbes rouges
Combien tu es toujours présent
Quand la matinée se lève et que
Je ne peux regarder le cadran de la montre
Sans que l’émotion suspende le temps
Et l’espace d’une seconde, je suis avec toi
Vraiment…presque palpable comme un muret de pierre
Tout juste refait
Un verre au comptoir qu’on partage
Dans un silence sacré
Un regard qui en dit aussi long
Qu’un balbutiement maladroit et inutile
Un mot quand même que tu ne liras sans doute pas
Un mot que je t’aurais dit malgré tout
Avant que le vent balaye les émotions encore présentes
-« Je t’aime »
12:02 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)
Pour quelques larmes
Pour quelques larmes
tu te souviens
dans ce gymnase dans la banlieue grenobloise
où tu pleurais où tu riais
où tu m'as embrassé
où tu as embrassé et chanté
4 heures dans cette salle sans acoustique
avec ce public tellement bas de gamme
sans culture mais avec un coeur gros comme ça
ce public là insignifiant qui t'as fait te défoncer
de tendresse et d'amour, d'émotion et d'émotion encore
nous sommes des chiens...
10:04 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (1)
je suis

Je suis un craquement
Dans le bois du plancher
Une pierre qui dévale la marne noire
Après l’érosion des pluies
Je suis ce nuage anachronique
Dans un ciel si bleu
Cette punaise à peine sensible enfoncée
Au talon de ta chaussure
Je suis ce cri inaudible des coquillages
Que seul le vent s’accapare
Je suis cette main qui te frôle
Mais que tu ne prends pas
Je suis un grain de sable
Sur le miroir de faille de ta paupière
Une larme lourde
Au réveil des matins solitaires
Je suis un loup arrogant
Qui passe son chemin
Dès que tu le regardes
C’est décidé...
Je pars en voyage loin, très loin
Au-delà des rêves
Je pars tout au fond de moi
Là où je construis mes paysages
Là où personne ne va
Pas même moi
09:08 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)
18/03/2008
souvenir souvenir
California "Joni Mitchel"
20:28 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2)
17/03/2008
une pierre
J’ai mis dans chaque pierre
Une larme arrachée à la mer
Un sourire d’enfant turbulent
Un geste, une main ouverte
Dans chaque pierre
J’ai mis quelque chose d’humain
Quelque chose que l’érosion
N’atteindra pas
Quelque chose que vous sentirez
Quand vous toucherez la pierre
Qu’il ne fallait pas négliger
18:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)


