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21/12/2008

le Cri du Réel

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Le cri du réel

Est assourdissant

Dans les traces de silence immaculé

Qu’il dépose, sédimente, fermente

Dans un temps irréel

La céphalée de l’horreur

Se mêle à ces pozzines verdoyantes

Du chemin de saint Antoine

Se juxtaposent alors la détresse

Et le soulagement, la quiétude

Les amoureux des bancs publics

Prennent un relief de merveilles du monde

Et tout reprend sa vraie place

Comme un oubli de l’essentiel

Un paradis sans ciel

Où l’aubépine reprend ses droits

L’épaisseur de la souffrance

Devient le parenchyme de la conscience

La vérité sans fard

Etale son couperet émoussé

Que nous connaissions pourtant

Mais qui s’affiche là

Sans mise en scène de séduction

Sans même un contour hystérique

Un lapsus terrestre

Une pierre qui dégringole d’un chemin

Un mouvement infime de la vie

La mort

Qui se dévoile

Dans sa nudité originelle

Refuser l’inacceptable

Nous fait croire aux guirlandes

Scintillantes de l’éphémère

Croire aux illusions

Que nous portons vivantes

Comme si nous pouvions modifier

Le réel

 

09:16 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

19/12/2008

Je devais lui dire

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J’ai mis ma main sur son cou

Fripé, ridé par ses quatre vingt huit hivers

Caressé instinctivement

Le cou de cette femme

J’ai même passé la main dans ses cheveux

Elle, qui fut coiffeuse pendant toute sa vie

Et qui ne savait faire que ça

Puis j’ai approché mes lèvres de son oreille

Pour être sûr qu’elle entende bien

Sûr qu’elle ne rêve pas

Et d’une voix claire

Je lui ai dit que sa petite fille

De vingt sept ans

Venait de se suicider

J’ai répété plusieurs fois

Avec des mots différents

Pour être certain qu’elle avait entendu

Elle s’est effondrée, prostrée

Et j’ai continué à lui parler

Quelques mots s’échappait parfois

D’entre les rides

« c’était à moi de partir »

« c’est impossible, son petit… »

ma main circulait dans son dos

accrochait un espace de compréhension

serrait une épaule fuyante et frêle

je devais lui dire

je devais le faire

je devais

 

18:17 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)