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14/12/2008

Enfanter la terre

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J’ai tracé un sillon

Dans la terre fertile

De la paume de la main

A l’échancrure de mes souvenirs

Me rappeler l’homme

Que je suis, qui me précède

Troglodyte impatient

De mon retour

Il faut te résoudre à l’attente

J’enfanterai les reins de la terre

Par la force et le courage

De mon illégitimité

apprendre à regarder

la fourmi noire sur une terre noire

où la vague déferlante

engloutissant le marin

il n’est pas de bonheur aussi fugace

et fulgurant que cette terre

sous les ongles

matrice minérale

Aux larmes de feu

Volcan figé de mon désir

Je regarde mes mains

Elles sont vivantes

Et tendues vers toi

Comme celles d’un père

Qui se souvient

 

17:09 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7)

10/12/2008

Carnet de Route

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Les chasse-neige ne sont pas encore passés

La nuit n’est pas achevée, pas encore passée

Et déjà les flocons fondent sur moi

Telle une femme nue à peine éveillée

Je roule sur la neige, fier catamaran

Avec dans son sillage les écumes volantes

D’une histoire à peine écrite

Aussitôt envolée

Une histoire qui se délite aussi rapidement

Que l’humeur capricieuse qui trouble

Mes rêves encore brûlants de la nuit

Dérisoire de croiser des épaves encore fumantes

De voitures dans le fossé

Et si c’était moi…

Pensée à peine ébauchée d’une impossible réalité

J’accélère encore pour brouiller ma vue

Comment peut-on être banquier ou trader

Vais-je réussir ce matin à monter la côte de Méreuil

Je n’ai aucune envie de monter à pieds

Mes mains sont frigorifiées

Et si j’étais albinos noir

Noir, noir c’est ce qui se dit quand on a trop bu…

Une autre épave là sur la gauche

J’accélère encore…

Je vais juste travailler

J’ai l’impression inhabituelle que ce matin

Ils ont besoin de moi, besoin de me voir

Besoin de ma présence transparente attentive

J’arriverai pendant leur petit déjeuner

Nous avons mis trois ans à le rendre réalisable

Réfléchir négocier obtenir

Quelle perte de temps

Mon pare brise devient opaque

Mes essuies glace sont bloqués

Je ferai mieux de retourner me coucher

Mes collègues ne prendront pas la peine de se déplacer

Par un temps pareil

Je ne peux pas renoncer

C’est idiot, nous ne sommes pas irremplaçables

C’est vrai, c’est faux

Mes roues se figent dans la neige

Comme dans un récif oublié

J’y suis

je vous écoute

19:56 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2)