UA-57948785-1 1234 469157 G-QJK30HG2HR

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26/02/2006

Si LENT CE MOT DIT

medium_l_attente2.jpg

 

 

J’ai convoyé l’écheveau

 

Des pierres infernales de mes contusions

 

La silice lisse coule entre mes doigts

 

Egrainant l’étoffe du temps

 

Sablier de verre de mes secrets exophtalmiques.

 

J’ai trop tardé

 

A apprendre les rides infécondes du vent

 

Ces baisers posés aux rives de tes absences

 

Tant besoin de croire

 

Aux dérives de tes cheveux

 

Accrochés à mes doigts

 

Comme on fait glisser les herbes

 

Sur les gerçures du désir irradié

 

Se délite le souvenir encré

 

de mes forces sauvages

 

vivaces invisibles secrètes

 

Presque serein de me confondre à la terre

 

de tes fantasmes et de tes sentences

 

Appartenance virile

 

Je suis l’œil de lynx de la névrose de tes mots

 

Le bonheur résiste

 

A l’entrejambe des femmes

 

Il y a même des transpirations volatiles

 

Au chevet des insomnies

 

Je te suppose de manière frontale

 

Au risque de murmurer le mot

 

Les écorchures apaisent les courbes de ton regard

 

Suis lové au creuset de tes rêves

 

J’ai rendez vous avec le sillage nonchalant

 

Des tortues de mer

 

Reconnaissantes de mon aube océane

 

Ce soir j’ai des envies de mers profondes et sombres

 

Où se noyer dans les sables roux

 

Révèle l’empreinte de l’inhumain

 

Je suis à l’encoche de l’attente

 

A l’essoufflement du reproche

 

A la croisée de ta bouche

 

Cette algue vive des sentiers creusés où tu écris

 

Ce linge que tu déplies

 

Qui enveloppe tes maux naissants

 

Je suis l’oreille de ton murmure nu

 

A la pointe des eaux imprévisibles

 

Je reconnais ton silence

 

d’après le frémissement

 

Ça y est, je vois, je vois

 

L’improbable

 

Je ne ressens que la douleur de l’impossible

 

L’articulation inflammatoire de ton cri

 

07:36 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

25/02/2006

1956

Avril mille neuf cent cinquante six – Les Sables d’Olonne- J’ai deux ans, la mer, ma mère et bientôt l’amer à moi tout seul… A cet âge, aucune anticipation possible du plaisir, aucune capacité à différer la possession. En allant à la plage, comme chaque jour, j’ai donc fait un caprice, une colère, des cris pour obtenir un album de coloriage… « Immédiatement »…la raison aurait voulu que ce fût au retour que l’achat se fit. Je l’avais et m’en désintéressais donc complètement… Dans le flux et reflux des marées s’est envolé le bel album, stigmate de mon pouvoir halluciné sur ma mère. J’exorcise dans chaque bain marin cette perte océane…la perte de mon impuissante illusion de puissance… J’ai compris bien plus tard l’humilité et le fragile, le salé... D’avoir cru être Plus fort que la mère et la mer- La paire- Je me demande où est le sens et je repense à l’album de coloriage de mon enfance décoloré par la mer- J’inspire à marée haute- J’expire à marée basse- Je soupire sans la mer

07:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)