26/02/2006
Si LENT CE MOT DIT

J’ai convoyé l’écheveau
Des pierres infernales de mes contusions
La silice lisse coule entre mes doigts
Egrainant l’étoffe du temps
Sablier de verre de mes secrets exophtalmiques.
J’ai trop tardé
A apprendre les rides infécondes du vent
Ces baisers posés aux rives de tes absences
Tant besoin de croire
Aux dérives de tes cheveux
Accrochés à mes doigts
Comme on fait glisser les herbes
Sur les gerçures du désir irradié
Se délite le souvenir encré
de mes forces sauvages
vivaces invisibles secrètes
Presque serein de me confondre à la terre
de tes fantasmes et de tes sentences
Appartenance virile
Je suis l’œil de lynx de la névrose de tes mots
Le bonheur résiste
A l’entrejambe des femmes
Il y a même des transpirations volatiles
Au chevet des insomnies
Je te suppose de manière frontale
Au risque de murmurer le mot
Les écorchures apaisent les courbes de ton regard
Suis lové au creuset de tes rêves
J’ai rendez vous avec le sillage nonchalant
Des tortues de mer
Reconnaissantes de mon aube océane
Ce soir j’ai des envies de mers profondes et sombres
Où se noyer dans les sables roux
Révèle l’empreinte de l’inhumain
Je suis à l’encoche de l’attente
A l’essoufflement du reproche
A la croisée de ta bouche
Cette algue vive des sentiers creusés où tu écris
Ce linge que tu déplies
Qui enveloppe tes maux naissants
Je suis l’oreille de ton murmure nu
A la pointe des eaux imprévisibles
Je reconnais ton silence
d’après le frémissement
Ça y est, je vois, je vois
L’improbable
Je ne ressens que la douleur de l’impossible
L’articulation inflammatoire de ton cri
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25/02/2006
1956

Avril mille neuf cent cinquante six – Les Sables d’Olonne- J’ai deux ans, la mer, ma mère et bientôt l’amer à moi tout seul… A cet âge, aucune anticipation possible du plaisir, aucune capacité à différer la possession. En allant à la plage, comme chaque jour, j’ai donc fait un caprice, une colère, des cris pour obtenir un album de coloriage… « Immédiatement »…la raison aurait voulu que ce fût au retour que l’achat se fit. Je l’avais et m’en désintéressais donc complètement… Dans le flux et reflux des marées s’est envolé le bel album, stigmate de mon pouvoir halluciné sur ma mère. J’exorcise dans chaque bain marin cette perte océane…la perte de mon impuissante illusion de puissance… J’ai compris bien plus tard l’humilité et le fragile, le salé... D’avoir cru être Plus fort que la mère et la mer- La paire- Je me demande où est le sens et je repense à l’album de coloriage de mon enfance décoloré par la mer- J’inspire à marée haute- J’expire à marée basse- Je soupire sans la mer
07:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)


