05/10/2008
"Sei que me esperas"

J’ai regardé les terres noires
Contemplé peut-on dire
A user la pupille du temps
Pendant des heures
Dans l’immuable
L’infaillible stabilité du monde
Jusqu’à la fatigue la plus intense
J’ai regardé la pierre
Sans craindre de plisser les yeux
Sans sommeil ni larme
j‘ai provoqué la terre
jusqu’à m’en imprégner
charnellement
j’ai perdu du temps
un temps infini
à ne plus savoir le mesurer
j’ai accepté de ne plus mesurer
de ne plus me mesurer
juste se mêler à l’impossible
se reconnaître dans l’insaisissable
du regard vif minéral
d’une roche qui s’effrite, vibre
et vit
comme dans celui de l’enfant
du dehors
que je suis
16:09 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5)


