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26/05/2006

Grand père

Je rêve encore de ce voyage

Que tu m’avais promis

Où rien ne bouge

Où se fige l’acidité de nos regards croisés

Où l’arborescente fougère imprime

Sérénité et fraîcheur du temps

A toute chose

A fleur de mots

Tes peaux me sont chairs

Des remontées du Mississipi

Aux escales en pays Cajun ou Caraïbe

Ce périple ne s’imagine

Qu’au sang de nos pieds meurtris

Ce voyage se mérite dans le rite

Disais-tu…

Dans cette imprégnation de l’immobile

Du sacré virgule du nécessaire point

Cette insistance qui coulait dans tes nageoires

Cette gorgée laborieuse d’humanité transpirante et volatile

Que tu ne dédaignais pas

Où nous croisions les tentations du possible

Quel rivage glisse et érode nos corps

Sensible comme la perception du territoire

La terre n’appartient qu’aux grimaces de la nuit

Les paumes de nos mains ouvertes

Tu inquiètes les hommes

Jamais nous ne nous poserons la question de

L’ailleurs

Jamais je ne ferai ce voyage

Et je l’ai pourtant si souvent fait

Avec toi

Accoudé au bastingage les yeux dissous dans la mer

Grand père

 

 

 

21:35 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (10)