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06/02/2011

Anse Couleuvre

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Cette nuit

Il y a comme un silence de pleine lune

Et pourtant rien n’est calme

Entre la cascade  et la mer

La peur du noir primitif

Fait craquer le sable volcanique

Il crépite dans  l’ombre

Feu de joie ou terreur nocturne

Rien n’apaise l’épaisseur de l’air

Je pourrais me détendre

M’allonger comme un rhum long

Sous les pales du ventilateur de l’épicerie

En écoutant chanter quelques mots créoles

De la patronne

Qui m’échappent encore

Et qui grondent  comme des tambours

A m’arracher le cœur

Mais le noir n’est pas assez noir

L’humidité piailleuse réveille des souvenirs

Ceux de la veille et de l’avant-veille

Ceux d’un passé incertain qui m’habite

Et me trouble

Souvenirs de grand père et de l’habitation aux serpents

Souvenirs de Blaise et Yannick

Souvenirs des souvenirs de chacun

Je suis seul et tellement entouré

Une vague sans retenue vient chasser

En trop peu  qu’il me faut pour le dire

Tous ces tourments que le firmament n’ignore pas

Il y a cette quiétude soudain

A se sentir humain

03/02/2011

Edouard GLISSANT

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Te dire les mots et la moiteur du frémissement

te dire qu'il faut pleurer la grande eau

l'ilet long de toi à moi comme un trouble volatile

et quelques mots insignifiants de présence et de tristesse.

Juste le souvenir

ne jamais t'oublier

"J'ai découvert qu'on peut sortir d'un jardin, ou d'un chagrin, en faisant la rencontre d'une coccinelle."M Vaillant